7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

Mobilisation étudiante : à Paris, une université populaire pour remplacer les blocages et faire entendre sa voix


Et si les étudiants pouvaient se mobiliser autrement qu'en bloquant leur université ? À l'Institut de psychologie de l'université Paris Cité, étudiants et direction ont trouvé un compromis inédit pour poursuivre la contestation sans maintenir les portes fermées. Pendant au moins une semaine, une « université populaire » remplace les cours traditionnels, avec au programme des débats, des assemblées générales et des échanges collectifs. Une initiative qui suscite autant d'espoir que d'interrogations.


Par A. Belize - Publié le Mercredi 4 Novembre 2026 à 06:00

Post Facebook - Le reporter indépendant du 26 Novembre 2026
Post Facebook - Le reporter indépendant du 26 Novembre 2026

Alors que la contestation étudiante et lycéenne continue de perturber les établissements scolaires et universitaires, une autre manière de manifester son désaccord commence à émerger dans la capitale.

À l'Institut de psychologie de l'université Paris Cité, les étudiants mobilisés ont choisi de transformer leur établissement en un lieu de réflexion et de dialogue, plutôt que de poursuivre un blocage total.

Depuis lundi 2 novembre, une « université populaire » a ainsi été mise en place, à la suite d'un accord négocié entre les représentants du mouvement et la direction.

L'objectif ? Permettre aux étudiants de continuer à se mobiliser tout en retrouvant l'accès à leurs locaux, sans pour autant reprendre immédiatement les enseignements habituels.

Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes. Après une rentrée perturbée par des blocages dans plusieurs lycées, l'Union nationale des étudiants de France (Unef) appelle à intensifier la mobilisation mardi 3 novembre.

Le syndicat étudiant annonce notamment une « journée noire sur les universités », avec de nouveaux blocages envisagés dans différents établissements du pays.

Mais à Paris Cité, certains étudiants souhaitent expérimenter une autre voie.

Plutôt que de maintenir les bâtiments fermés, ils proposent d'investir les espaces universitaires pour y organiser des assemblées générales, des rencontres avec la direction et des cours thématiques consacrés aux enjeux de la mobilisation.

Une formule qui n'avait plus été expérimentée dans cet établissement depuis le début du mois d'octobre.

Pour l'un des porte-parole du mouvement, cette décision est le résultat de discussions prolongées avec la direction et les personnels de l'institut.

Il explique que cet accord permet de rouvrir l'université sans revenir immédiatement au fonctionnement habituel des cours.

L'idée est avant tout de « proposer quelque chose d'alternatif » et de construire une mobilisation fondée sur les échanges.

Selon lui, la contestation ne vise pas directement la direction de l'établissement. Elle s'inscrit dans une démarche plus large de défense du service public universitaire, que les étudiants mobilisés estiment menacé.

Une autre participante au mouvement voit dans cette initiative une occasion de donner davantage de sens à la mobilisation.

Elle souligne que les blocages traditionnels ne permettent pas toujours de débattre sereinement, faute d'espaces accessibles et de sujets de discussion clairement définis.

Avec l'université populaire, les étudiants disposent désormais de lieux pour se réunir, confronter leurs idées et réfléchir collectivement aux suites du mouvement.

La réouverture des locaux représente également un symbole important pour les participants : celui d'une université qui reste un espace de réflexion, même en période de contestation.

Mais cette nouvelle organisation ne fait pas l'unanimité.

Si les portes de l'institut sont de nouveau ouvertes, les cours en présentiel n'ont toujours pas repris. Une situation qui inquiète certains étudiants, notamment ceux qui ne participent pas activement au mouvement.

Une étudiante explique ainsi suivre la mobilisation à distance, tout en espérant pouvoir rapidement retrouver un emploi du temps normal.

Derrière cette inquiétude se pose une question essentielle : celle de la continuité des enseignements et de la validation du semestre, voire de l'année universitaire.

Pour les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études sans interruption, l'absence de cours traditionnels reste une source d'incertitude.

Le directeur de l'Institut de psychologie, Xabi Borteyrou, reconnaît que cette formule ne constitue pas nécessairement une solution définitive.

Il estime néanmoins que l'université populaire peut permettre de faire évoluer les échanges et de donner une nouvelle dynamique à la mobilisation.

La décision de poursuivre cette expérience, d'y mettre fin ou de revenir à un blocage appartiendra aux étudiants à l'issue de cette première période.

La direction entend ainsi laisser aux participants la possibilité d'évaluer eux-mêmes l'efficacité de cette nouvelle forme de contestation.

L'un des enjeux sera également de permettre aux étudiants moins engagés de prendre part aux discussions et d'exprimer leurs préoccupations.