Depuis son appartement avec vue sur le Burj Khalifa, Amel observe une ville qui tente de retrouver son rythme. Deux mois après le début des tensions militaires au Moyen-Orient, Dubaï recommence doucement à faire ce qu’elle sait faire de mieux : avancer vite, produire des images impeccables et continuer à attirer le monde entier.
Sur les réseaux sociaux, cette Française installée aux Émirats arabes unis partage son quotidien d’expatriée et d’influenceuse lifestyle avec plusieurs dizaines de milliers d’abonnés. Et depuis le déclenchement du conflit, une même question revient sans cesse dans ses messages : “Est-ce qu’on peut encore venir à Dubaï ?”
Car au début des frappes et des tensions régionales, de nombreux créateurs de contenu avaient quitté précipitamment la ville, provoquant une vague de critiques en ligne et alimentant les débats autour du “rêve Dubaï”.
Amel, elle aussi, a choisi de partir temporairement. Pas par stratégie, assure-t-elle, mais par peur et incompréhension face à une situation que personne n’avait réellement anticipée.
Puis elle est revenue.
Aujourd’hui, elle explique que les collaborations avec les marques ont progressivement repris. “C’est presque redevenu comme avant”, raconte-t-elle. Restaurants, hôtels, produits de beauté, événements : l’économie de l’influence redémarre doucement après plusieurs semaines de pause brutale.
Car derrière les clichés souvent associés aux influenceurs de Dubaï, beaucoup revendiquent aujourd’hui une véritable activité entrepreneuriale. Visa spécifique, licence officielle délivrée par le gouvernement, gestion de contrats et d’image : le métier s’est largement professionnalisé aux Émirats.
Autre visage de cette nouvelle génération : Hiba Mohamed. D’origine irakienne et installée à Dubaï, elle cumule plusieurs activités entre réseaux sociaux, architecture d’intérieur et marque de bijoux familiale.
Elle refuse d’ailleurs l’image superficielle souvent associée aux influenceuses du Golfe. Pour elle, les réseaux sociaux sont avant tout devenus une vitrine professionnelle.
Même pendant la période la plus tendue du conflit, elle affirme avoir continué à signer des partenariats. Aujourd’hui, elle explique même réduire volontairement ses tarifs pour aider les marques locales à relancer la consommation.
Dans une ville où l’économie tourne largement autour du luxe, du tourisme et de l’image, beaucoup considèrent que maintenir l’activité est presque devenu une nécessité collective.
Depuis février, les autorités émiriennes surveillent d’ailleurs de très près la communication autour du conflit et de l’image renvoyée par Dubaï à l’international.
Mais malgré les tensions régionales, les rooftops restent pleins, les collaborations reprennent et les réseaux sociaux continuent de vendre une certaine idée de la réussite version Dubaï : ultra-connectée, ambitieuse et toujours parfaitement mise en scène.
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Actualité
Dubaï, guerre et réseaux sociaux : comment les influenceurs relancent la machine malgré les tensions au Moyen-OrientAprès des semaines d’incertitude liées au conflit entre Israël, l’Iran et les États-Unis, les influenceurs installés à Dubaï reprennent progressivement leurs activités.Par A. Belize - Publié le Vendredi 29 Mai 2026 à 06:00
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