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Affaire Delphine Aussaguel : Cédric Jubillar raconte pour la première fois comment il aurait tué son épouse


Après plus de cinq années de dénégations, Cédric Jubillar a livré devant la justice un récit détaillé de la nuit où Delphine Aussaguel a disparu. Entendu le 15 juillet par une magistrate de la cour d’appel de Toulouse, le peintre-plaquiste a reconnu avoir étranglé son épouse avant de dissimuler son corps.


Par A. Belize - Publié le Mercredi 22 Juillet 2026 à 06:00

DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE
DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE
Il aura suffi de quelques mots de la magistrate pour que Cédric Jubillar commence à parler. Invité à s’exprimer lors de son audition du 15 juillet, l’homme de 38 ans a immédiatement reconnu être responsable de la disparition de son épouse, Delphine Aussaguel.

Condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de la jeune infirmière, il avait pourtant nié toute implication pendant cinq ans et demi. Ses aveux, d’abord adressés par écrit à ses avocats, ont cette fois été réitérés devant une juge désignée par la cour d’assises de Haute-Garonne.

Selon le procès-verbal de cette audition, Cédric Jubillar a raconté sa version de la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Il affirme s’être couché vers 22 h 30, après un moment passé avec Delphine Aussaguel et leur fils aîné. À cette période, le couple, en instance de séparation, vivait encore sous le même toit à Cagnac-les-Mines. Leur relation était devenue, selon ses propres mots, profondément conflictuelle.

Cédric Jubillar explique qu’il dormait mal depuis quelque temps et qu’il avait l’habitude de se lever la nuit pour fumer lorsqu’il se sentait anxieux. Vers une heure du matin, il aurait ainsi rejoint le salon, où son épouse se trouvait encore éveillée.

D’après son récit, une violente dispute aurait alors éclaté. Il affirme que Delphine Aussaguel lui aurait parlé de l’homme avec lequel elle envisageait de reconstruire sa vie et aurait prononcé plusieurs paroles humiliantes à son encontre. Des propos qui, selon lui, l’auraient fait perdre le contrôle.

Il reconnaît alors avoir saisi son épouse par le cou et avoir serré tout en lui demandant de se taire. Il explique avoir détourné les yeux pour ne pas croiser son regard, avant de la voir tomber au sol, inerte.

Ce n’est qu’après quelques instants qu’il aurait compris qu’il venait de tuer la mère de ses enfants. Il décrit un état de panique et de sidération, affirmant avoir immédiatement pensé à protéger les enfants de la vision du corps.

Toujours selon ses déclarations, il aurait porté Delphine Aussaguel sur son épaule avant de la déposer dans le coffre de leur véhicule. Afin de ne pas attirer l’attention du voisinage, il aurait d’abord laissé la voiture descendre la rue au point mort, puis démarré le moteur une fois éloigné du domicile.

Il assure être parti sans destination précise. En roulant vers Cordes-sur-Ciel, il se serait souvenu de monticules de terre aperçus sur un chantier situé dans le secteur de Mailhoc.

Arrivé sur place, il aurait déposé le corps, creusé à mains nues dans le terreau, puis recouvert la dépouille avec la terre disponible. Devant la magistrate, Cédric Jubillar a affirmé avoir toujours pensé que le corps serait découvert beaucoup plus rapidement.

Après être rentré chez lui, il dit avoir vérifié que ses enfants dormaient encore. Il aurait ensuite pris le téléphone de son épouse, une paire de bottes ainsi qu’un manteau lui appartenant, avant de jeter l’ensemble dans la poubelle d’un voisin située à une cinquantaine de mètres.

Le téléphone de Delphine Aussaguel, qui avait continué à émettre jusqu’au matin du 16 décembre, n’a jamais été retrouvé. Sa doudoune blanche reste elle aussi introuvable.

Lors de cette audition, Cédric Jubillar a reconnu avoir commis un acte « abominable », tout en expliquant s’être progressivement enfermé dans ses mensonges. Il a également fourni aux enquêteurs des indications précises sur l’endroit où il affirmait avoir dissimulé le corps.

Le lendemain de son audition, des ossements ont été découverts dans la zone désignée. Les analyses menées par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale ont depuis confirmé qu’ils appartenaient bien à Delphine Aussaguel.

Cédric Jubillar a enfin évoqué devant la magistrate les difficultés de sa détention, en particulier son placement à l’isolement, qu’il décrit comme une importante source d’angoisse.

Ces aveux bouleversent désormais la suite de la procédure. Son procès en appel, initialement prévu en septembre, pourrait être reporté afin que les nouveaux éléments, les résultats des expertises et la cohérence de son récit soient examinés dans leur intégralité.