7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

Derrière les cyberattaques, une génération de jeunes hackers fascinés par l’argent, les réseaux… et la notoriété


Ils ont parfois 15, 17 ou 20 ans, vivent encore chez leurs parents et passent des heures sur Discord ou Telegram. Loin de l’image du génie informatique ultra sophistiqué, une nouvelle génération de jeunes hackers français multiplie pourtant les vols de données et les cyberattaques, portée par l’adrénaline, l’argent facile et la quête de reconnaissance.


Par A. Belize - Publié le Vendredi 29 Mai 2026 à 11:00

Photo by Tima Miroshnichenko from Pexels
Photo by Tima Miroshnichenko from Pexels

Pendant longtemps, le hacker a été fantasmé comme une silhouette mystérieuse capable de faire tomber des gouvernements depuis une chambre sombre éclairée par des écrans bleus. Mais derrière les récentes cyberattaques qui ont visé des institutions françaises, la réalité est souvent beaucoup moins hollywoodienne.

Les profils identifiés par les enquêteurs sont majoritairement ceux de très jeunes hommes, parfois encore mineurs, qui apprennent le piratage informatique presque comme on apprend un jeu vidéo.

Selon plusieurs spécialistes de la cybersécurité, ces jeunes évoluent dans un univers où les outils, les tutoriels et même certaines intelligences artificielles rendent les cyberattaques beaucoup plus accessibles qu’auparavant.

“Ce ne sont pas des génies de l’informatique”, résume un expert interrogé dans le cadre de l’enquête. “La technique est souvent beaucoup plus simple qu’on l’imagine.”

En 2025, les cyberattaques et les fuites de données se sont multipliées en France, touchant des entreprises, des fédérations sportives ou encore des institutions publiques comme Agence nationale des titres sécurisés.

Derrière ces opérations : des groupes souvent organisés via Discord, Telegram ou le dark web, où les jeunes pirates échangent des données volées, des logiciels malveillants et des conseils techniques.

Les experts décrivent un milieu très masculin, souvent composé de profils passionnés d’informatique, de jeux vidéo et de culture numérique. Certains sont déscolarisés, d’autres excellents élèves. Beaucoup vivent une forme d’isolement social et trouvent dans ces communautés virtuelles une reconnaissance qu’ils n’ont parfois pas ailleurs.

Au départ, tout commence souvent par curiosité.

Entrer sur un forum, comprendre comment fonctionne une faille, tester un programme… Puis vient rapidement la recherche d’adrénaline et de visibilité. Revendiquer une cyberattaque contre une institution publique devient alors une forme de trophée numérique.

Dans ces communautés, la réputation se construit autour des “exploits” publiés en ligne, parfois largement exagérés ou même totalement faux. Certains pirates revendiquent des attaques auxquelles ils n’ont jamais participé simplement pour gagner en crédibilité auprès des autres.

L’argent reste également un moteur important. Les bases de données volées peuvent être revendues, utilisées pour des arnaques bancaires, du phishing ou des usurpations d’identité. Mais contrairement aux fantasmes autour des fortunes du cybercrime, beaucoup de ces jeunes gagnent finalement relativement peu au regard des risques encourus.

Car la justice, elle, prend ces affaires de plus en plus au sérieux.

En France, le piratage d’un système informatique peut entraîner plusieurs années de prison, avec des peines encore plus lourdes lorsque les attaques ciblent des services publics ou sont commises en bande organisée.

Les spécialistes décrivent aujourd’hui un écosystème fragmenté, où de petits groupes cherchent constamment à prendre de l’importance après la fermeture de grandes plateformes de revente de données piratées.