Ce lundi, les touristes venus admirer Paris depuis la tour Eiffel ont trouvé portes closes. Derrière cette fermeture exceptionnelle se trouve un mouvement de protestation des salariés, profondément choqués par un événement survenu deux jours plus tôt.
Samedi 5 septembre, une délégation de l’organisation religieuse hindoue BAPS visitait le monument. En amont, ses représentants avaient demandé que les interactions entre leur responsable spirituel et les femmes soient limitées. Une demande que la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) reconnaît avoir prise en compte.
Selon la CGT, certaines salariées auraient ainsi reçu pour consigne de quitter temporairement leur poste au passage de la délégation et de patienter dans des espaces réservés au personnel. Le syndicat dénonce des femmes « écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe ».
Face à la polémique, la SETE a reconnu que de telles conditions « n’auraient pas dû être acceptées », estimant qu’elles étaient incompatibles avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes et de neutralité qui doivent s’appliquer au sein du monument.
Son directeur général, Patrick Branco-Ruivo, a toutefois assuré que la direction n’avait jamais demandé aux salariées de « se cacher ». Il reconnaît en revanche que le dispositif d’accueil a été adapté à certains points de contact afin de répondre aux demandes formulées par les organisateurs. Des consignes données maladroitement auraient ensuite pu accentuer le sentiment de mise à l’écart ressenti par certaines employées.
La société d’exploitation a présenté ses excuses à son personnel et annoncé un examen des circonstances précises dans lesquelles la visite a été organisée. Ses procédures doivent également être renforcées afin qu’une situation similaire ne puisse plus se reproduire.
L’affaire a rapidement dépassé les murs de la tour Eiffel. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé qu’une enquête serait menée et rappelé que l’égalité entre les femmes et les hommes devait s’appliquer partout. Michel Barnier a, lui, jugé « proprement inacceptable » qu’une consigne visant à faire disparaître les femmes d’un espace ait pu être donnée. Valérie Pécresse s’est également dite « choquée » et affirme avoir rappelé aux représentants français du BAPS que de telles pratiques étaient contraires aux principes de la République.
La SETE a également annoncé que les visiteurs dont la visite n’a pas pu avoir lieu seraient remboursés. Une nouvelle assemblée générale devait se tenir en fin de journée afin de décider d’une éventuelle poursuite du mouvement mardi 8 septembre.
Cette polémique intervient alors que l’organisation BAPS inaugurait ce week-end son premier temple d’architecture traditionnelle en France, à Bussy-Saint-Georges, un événement accompagné samedi d’une grande parade dans les rues de Paris.
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Actualité
Tour Eiffel : les salariés se mobilisent après l’éviction de femmes lors de la visite d’une délégation religieuseLa tour Eiffel est restée fermée au public ce lundi 7 septembre, après la tenue d’une assemblée générale de ses salariés. Au cœur de leur colère : les conditions d’accueil d’une délégation de l’organisation religieuse hindoue BAPS, qui auraient conduit plusieurs employées à être écartées de leur poste en raison de leur sexe.Par A. Belize - Publié le Mercredi 9 Septembre 2026 à 06:00
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