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Strasbourg : un interne en médecine condamné pour avoir provoqué l’avortement de sa compagne à son insu


Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné un interne en médecine de 36 ans à cinq ans de prison, dont deux ans ferme, pour avoir administré à sa compagne des médicaments abortifs sans qu’elle le sache. Les faits, survenus en mars 2024, ont conduit la justice à prononcer également une interdiction définitive d’exercer la médecine.


Par A. Belize - Publié le Samedi 5 Septembre 2026 à 11:00

Photo de Laura Paredis
Photo de Laura Paredis

C’est une affaire d’une rare gravité qui a été jugée jeudi 3 septembre à Strasbourg. Un interne en médecine de 36 ans a été condamné après avoir reconnu avoir fait ingérer à sa compagne des médicaments destinés à provoquer un avortement, sans son consentement.

Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans avec sursis. Les deux années restantes devront être effectuées en détention, l’homme ayant été placé sous mandat de dépôt à l’issue de l’audience.

La justice a également prononcé une interdiction définitive d’exercer la profession de médecin, ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité médicale ou paramédicale pendant cinq ans.

Les faits remontent à mars 2024, au domicile de sa compagne, infirmière, à Furdenheim, dans le Bas-Rhin. Selon les éléments rapportés par la presse locale, l’interne s’était procuré plusieurs comprimés utilisés dans le cadre d’un avortement médicamenteux.

Il aurait d’abord administré à sa compagne de la mifépristone à son insu, au cours d’un baiser. Le lendemain, il aurait dissous du misoprostol dans une boisson qu’il lui aurait ensuite fait boire.

L’homme a reconnu les faits devant la justice. Son avocat, Me Valentin Guégan, a expliqué qu’il avait agi parce qu’il ne se sentait pas capable de s’engager dans un projet de parentalité, invoquant des difficultés psychologiques, financières et matérielles.

Selon son conseil, le prévenu a également exprimé des regrets et présenté ses excuses.

Au moment des faits, cet homme sans antécédents judiciaires arrivait au terme de dix années d’études de médecine. La condamnation met donc aussi un terme à la carrière professionnelle qu’il s’apprêtait à débuter.

Son avocat a indiqué qu’aucune décision n’avait encore été prise concernant un éventuel appel.

Au-delà de la peine prononcée, l’affaire touche à une question fondamentale : celle du consentement et du droit d’une femme à disposer de son propre corps. En administrant ces médicaments sans que sa compagne en ait connaissance, le prévenu a précisément contourné cette liberté de décision, ce que le tribunal a sanctionné lourdement.