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Témoignage : “Il m’appelait mon épouse… je ne savais pas que c’était un brouteur”


À 58 ans, Marie* pensait avoir trouvé une seconde chance en amour. Divorcée depuis dix ans, ses deux enfants déjà grands, cette habitante de l'Est ne cherchait rien de particulier… jusqu’à ce message reçu sur Facebook.

*Prénom d'emprunt


Par Chloé Grondin - Publié le Mardi 10 Février 2026 à 09:09

Témoignage : “Il m’appelait mon épouse… je ne savais pas que c’était un brouteur”
Marie travaille dans le tertiaire, elle préfère ne pas en dire plus. Tout a commencé sur Facebook... L’homme, Fabrice, se présente comme ingénieur travaillant sur une plateforme pétrolière à l’étranger. Veuf, père d’une petite fille il a la cinquantaine. Photos rassurantes, bel homme mais accessible. Très vite les mots tendres, les messages chaque matin et chaque soir font du bien à Marie. Au bout de quelques jours, il l’appelle “ma reine”, “mon épouse”. Pour Marie un petit soleil est entré dans sa vie, elle n'en parle à personne.

La relation lui semble fusionelle… à distance. “ Il m’a écrit qu’il m’avait trouvée élégante. C’était simple, respectueux. Ça m’a touchée.” Pendant des semaines, Marie vit au rythme de leurs échanges. Il lui parle d’avenir à La Réunion, de l'achat d’une maison commune dans l'ouest et même de mariage. Elle rêve...

Marie lucide confesse : “À mon âge, on ne croit plus aux contes de fées. Mais il a su me faire y croire.”. Elle poursuit : " L'histoire avec la femme qui s'est fait escroquer par Brad Pitt n'avait pas encore fait la Une. Je n'ai rien vu venir tellement j'étais sur mon petit nuage".

Fabrice va commencer à évoquer un soucis avec sa banque en France, alors qu'il est sur une plateforme en Afrique de l'ouest.  Un virement urgent aurait été bloqué, il demande naturellement de l'aide à son amoureuse... Les montants commencent modestement : 300 euros. Puis 1 500. Puis 5 000.

Il me disait que c’était temporaire. Qu’il me rembourserait tout en arrivant.”
En six mois, Marie vide son épargne. Contracte même un crédit à la consommation, en secret. Elle n’en parle à personne et au final se retrouve avec près de 67 000 euros envolés. Honte. Peur d’être jugée. Comment a-t-elle pu être aussi naïve? “Je défendais cet homme contre mes propres doutes.

Perdue et angoissée, elle va commencer à demander à Fabrice des remboursements. Evidemment rien ne vient... Il ose lui dire qu'elle n'est pas aussi amoureuse que lui, qu'elle ne lui fait pas confiance. Marie comprend alors qu’elle a été piégée par un “brouteur”, ces escrocs basés principalement en Afrique de l’Ouest qui montent des scénarios sentimentaux pour soutirer de l’argent.

Quand je l’ai confronté, il m’a insultée. Il a disparu en une minute.” Au-delà des 67 000 euros perdus, c’est la blessure intime qui est la plus profonde, elle le dit “Je ne pleure pas l’argent. Je pleure les ‘je t’aime’ qui n’existaient pas.”
Marie a porté plainte. Les chances de récupérer les fonds sont faibles. Elle suit aujourd’hui un accompagnement psychologique.

Elle a décidé de témoigner pour alerter. “On pense que ça n’arrive qu’aux autres. On pense être trop intelligent pour tomber dans le piège. Mais quand on est seule, qu’on a envie d’aimer et d’être aimée… on devient vulnérable.

Selon les autorités, les arnaques sentimentales ciblent de plus en plus les femmes de plus de 50 ans, souvent via les réseaux sociaux. Les escrocs prennent le temps d’installer la confiance avant de demander de l’argent, parfois sur plusieurs mois.

À 58 ans, Marie reconstruit doucement sa vie et se défend : “ Je ne suis pas stupide. Je suis humaine.