À 29 ans, Antoine s’apprête à intégrer un Institut de formation en soins infirmiers après avoir travaillé comme commis de cuisine, arboriste-élagueur puis militaire. Son parcours scolaire, qu’il décrit comme « chaotique », ne l’avait jamais vraiment préparé à cette nouvelle rentrée. Aujourd’hui, il y voit une revanche et surtout la possibilité d’exercer un métier plus utile et plus concret.
Il est loin d’être un cas isolé. En 2026, 11,7 % des candidats Parcoursup étaient en reprise d’études, soit 22 000 de plus qu’en 2025. Le Céreq observe lui aussi une progression de ces parcours non linéaires, souvent motivés par l’envie de trouver davantage de sens dans sa vie professionnelle.
Denis, 45 ans, fait lui aussi sa rentrée en première année de psychologie après avoir travaillé dans le bâtiment et la restauration. Sans baccalauréat, il a obtenu un DAEU, équivalent du bac pour adultes, avec mention Bien. Pour lui, cette reprise d’études représente déjà une victoire.
Mais derrière l’enthousiasme, les obstacles restent nombreux. Le premier est financier. Antoine ne pourra compter que 18 mois sur son indemnisation chômage et a déjà dû réduire fortement ses dépenses. Denis, lui, prévoit de continuer à travailler dans son bar le soir pour financer ses études.
La situation est encore plus complexe lorsque des enfants sont à charge. Camilia, 29 ans, entre en cinquième année de médecine tout en élevant trois enfants. Émilie, 34 ans, reprend des études de santé pour s’orienter vers la maïeutique après plusieurs années de vie professionnelle.
Toutes deux racontent le même manque d’accompagnement : aides difficiles à identifier, démarches complexes, Parcoursup peu intuitif pour des candidats adultes. Beaucoup se tournent alors vers les réseaux sociaux pour trouver conseils et soutien.
Antoine utilise Reddit pour échanger avec d’autres étudiants, tandis qu’Émilie et Camilia documentent leur parcours sur Instagram afin de montrer que reprendre ses études plus tard reste possible.
À 30, 40 ans ou davantage, ces parcours demandent du temps, de l’argent et beaucoup d’énergie. Mais ils racontent surtout une chose : il n’est jamais trop tard pour choisir une voie qui ressemble davantage à celle que l’on voulait vraiment
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Actualité
Reprendre ses études à 30, 40 ans ou plus : ces adultes qui décident de tout recommencerIls ont connu l’échec scolaire, enchaîné les métiers, élevé leurs enfants ou simplement compris, avec le temps, qu’ils n’étaient pas à leur place. De plus en plus d’adultes reprennent aujourd’hui le chemin des études, parfois après des années loin des salles de classe. Une deuxième chance porteuse d’espoir, mais aussi de sacrifices financiers, d’organisation et de doutes.Par A. Belize - Publié le Dimanche 6 Septembre 2026 à 11:00
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