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[Pierrot Dupuy] Halloween avant l'heure pour la fête à Macron


Pendant qu'Emmanuel Macron répondait en direct aux questions des journalistes d'Antenne Réunion et de Réunion 1ère à la Préfecture, une vingtaine de voitures brûlaient dans la concession Caillé au Port, en bordure de la 4 voies, et le Chaudron s'enflammait avec toujours les mêmes cibles : le Jumbo Score, la station Engen ou encore le Burger King.


Par Pierrot Dupuy - Publié le Vendredi 25 Octobre 2019 à 10:36 | Lu 442 fois

Photo : Pierre Marchal - Anakaopress
Photo : Pierre Marchal - Anakaopress

Pourtant, la journée avait bien commencé ce matin. Bien mieux qu'elle ne s'était achevée la veille.

Un bain de foule parfois mouvementé aux Camélias

Après une première journée assez surréaliste, marquée par une pluie diluvienne et un discours à la NORDEV stratosphérique, qui est passé à 1.000 mètres au dessus de la tête des Réunionnais qui attendaient pourtant des réponses concrètes à leurs problèmes, Emmanuel Macron a enfin démarré pour de vrai ce matin sa visite présidentielle en rendant une visite surprise aux habitants des Camélias, un des quartiers les plus "chauds" de Saint-Denis.

Entouré de forces de protection particulièrement sur le qui-vive, le président n'a pas hésité à aller -enfin- à la rencontre des Réunionnais, quitte à s'entendre dire quelques vérités, de façon parfois un peu brutale.

Dans son périple, Emmanuel Macron était accompagné de Gilbert Annette, toujours autant adepte du grand écart. Pendant qu'il faisait risette au président, ses proches participaient à une manif anti-Macron tandis que des manifestants se vantaient de s'être vu remettre par la mairie de St-Denis un portrait du président pour le ridiculiser lors d'actions ciblées.

Avec près de deux heures de retard, vers 12h30, Emmanuel Macron a ensuite assisté à la réunion de l'Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus et du Conseil Consultatif Citoyen. Au cours de cet échange, il a annoncé la création d'un droit d'alerte pour les consommateurs qui pensent avoir constaté des dérives tarifaires, ainsi que le lancement d'une étude pour la création d'un panier alimentaire composé de produits locaux. Des produits de qualité, a insisté Emmanuel Macron, conscient sans doute des critiques faites au Bouclier Qualité Prix accusé d'être un panier de produits au rabais et de mauvaise qualité.

Le raté de la rencontre avec l'intersyndicale

Vint ensuite l'épisode tragi-comique du rendez-vous manqué avec l'intersyndicale. L'Elysée, du fait du retard pris, avait souhaité décaler le rendez-vous à 14h30. Sauf que le service de presse avait annoncé à la presse une simple annulation, ce qu'elle s'était empressée de relayer. Du coup, quand l'invitation pour la rencontre à 14h30 est arrivée, les syndicalistes avaient déjà tenu une conférence de presse pour dénoncer l'annulation de la rencontre...

Notons quand même au passage que le défilé de l'intersyndicale n'avait réuni qu'environ 200 manifestants. Si les syndicats ne sont pas capables de réunir plus de 200 personnes pour protester à l'occasion du passage du président de la République, à ce rythme-là, à la prochaine manif, ils pourront se donner rendez-vous dans une cabine téléphonique...

Nous passerons rapidement sur la visite à Saint-Paul pour en venir à la rencontre avec les deux journalistes d'Antenne Réunion et de Réunion 1ère. L'occasion pour le président de reprendre les mesures déjà annoncées tout au long de la journée et de les développer.

L'Etat reprend la responsabilité du versement du RSA

La nouvelle la plus importante, bien qu'attendue, a été l'annonce de la prise en charge du budget du RSA par l'Etat et non plus par le Département. C'était une vieille requête des différents présidents du Palais de la Source car la somme compensatrice versée par l'Etat tous les ans était largement inférieure à ce que le Département dépensait réellement. Ce qui diminuait ses marges de manoeuvre et l'empêchait de répondre aux attentes des Réunionnais dans le social, sa compétence essentielle. Au passage, le président a annoncé qu'il permettra le cumul dans une certaine limite du RSA et d'une activité partielle ou saisonnière.

Le président est également revenu sur la suppression des contrats aidés, reconnaissant d'ailleurs au passage une faute pour avoir pris une mesure trop brutale, sans rien avoir prévu pour le remplacer. "Les emplois aidés étaient devenus une forme de précarité administrée, s'est-il justifié. Nous avons revu cette politique depuis 2017 et créé les Parcours emplois compétences". Il a ensuite annoncé la bonne nouvelle : "De 2019 à 2022, il y aura 12 000 emplois aidés par an, maintenus, stabilisés. C'est un minimum, un amortisseur absolument indispensable, sur une durée de 3 ans, avec un suivi". En précisant au passage que ce quota représente 15% de l'effort national total sur les PEC. 

7.000 personnes seront également embauchées par an, dans le cadre de l'insertion par l'activité économique, avec un budget porté de 13,6M à 27,2M d'euros. Avec un effort mis tout particulièrement sur la création d'entreprises d'insertion. 

NRL : chercher la responsabilité du groupement avant de payer un surcoût

Concernant la Nouvelle Route du Littoral, il a affirmé que l'Etat serait auprès des Réunionnais, comme il l'a fait depuis l'origine, en cas de dépassement du coût du chantier. Mais avant d'en arriver là, il a affirmé qu'il conviendrait, dans cette hypothèse, de rechercher les responsabilités, semblant pointer du doigt le groupement en charge du chantier.

Bien évidemment, le sujet de l'octroi de mer a également été abordé : il "finance tous les services que la Région apporte. Le président de la Région est totalement ouvert. On peut sans doute le moderniser, mais si on le baisse et on le supprime, on devra aussi supprimer les services qu'il y a en face". Ironisant sur le fait que tout le monde veut plus de services publics mais que personne ne souhaite payer d'impôts... Mais selon lui, l'octroi de mer "n'explique pas la vie chère". la vraie question, c'est que La Réunion importe trop de produits venus d'ailleurs, alors qu'elle devrait en priorité essayer de produire plus localement.

20 voitures incendiées au Port et le Chaudron qui s'embrase...

La journée s'est malheureusement achevée d'une façon bien moins sympathique qu'elle n'avait commencé. Quelques échauffourées s'étaient déjà produits dans l'après-midi au niveau du rond-point du Sacré Coeur, quelques jeunes excités ayant souhaité perturber le passage du cortège présidentiel en route pour Saint-Paul.

Et c'est le soir, vers 19h30, une fois la nuit tombée, que les choses ont véritablement dégénéré, les émeutiers réussissant à mettre le feu à une vingtaine de voitures sur le parking de la concession Peugeot, en face de la prison, en bordure de la 4 voies. Après une intervention musclée des gendarmes mobiles, les pompiers ont pu intervenir et les choses sont progressivement rentrées dans l'ordre.

Comme en écho, leurs copains du Chaudron sont à leur tour entrés en action, s'en prenant d'abord au Jumbo Score, puis à la station Engen et enfin au Burger King. Des cibles récurrentes dans ce genre de soirées d'émeutes.

Une façon sans doute pour eux de fêter Halloween avant l'heure.

Reste à savoir quelle sera l'ambiance demain, notamment lors du pique-nique prévu à Grande Anse, au cours duquel il est prévu qu'il rencontre des agriculteurs et fasse là aussi des annonces pour soutenir cette filière essentielle au développement de notre ile.