L’affaire des émeutes de Nouvelle-Calédonie connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Six militants indépendantistes kanaks, parmi lesquels Christian Tein, ont déposé le 31 août une plainte devant la Cour de justice de la République contre quatre anciens membres du gouvernement : Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien Lecornu.
Dans ce document de seize pages, les plaignants demandent l’ouverture d’une enquête pour « actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle », « abus d’autorité aggravé » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de ces infractions ».
Au cœur de leur démarche : leur transfert vers la métropole et leur placement en détention après les violences de l’été 2024. Les six militants affirment que cette décision aurait été prise pour des « motifs de nature exclusivement politique » et qu’elle aurait été envisagée dès le mois de mai 2024, avant même les décisions des juges d’instruction et du juge des libertés et de la détention de Nouméa.
Leur avocat, Florian Medico, estime que les faits dénoncés pourraient être d’une « gravité exceptionnelle » et dit faire confiance à la Cour de justice de la République pour établir précisément ce qui s’est passé. Cette juridiction, créée en 1993, est compétente pour juger les ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.
Cette offensive judiciaire intervient dans un contexte particulier. En mai dernier, un non-lieu général a été prononcé en faveur des quatorze militants kanaks de la Cellule de coordination des actions de terrain, la CCAT, qui avaient été soupçonnés d’avoir organisé les émeutes.
Ces violences, déclenchées à partir de mai 2024 sur fond de contestation d’une réforme du corps électoral, avaient profondément marqué l’archipel. Quatorze personnes avaient perdu la vie, dont deux gendarmes, et plusieurs centaines d’autres avaient été blessées.
Pour Christian Tein et les cinq autres plaignants, la question dépasse désormais leur propre incarcération. Ils entendent faire examiner la responsabilité éventuelle de plusieurs anciens ministres dans une décision qu’ils considèrent comme politique autant que judiciaire. La Cour de justice de la République devra maintenant décider des suites à donner à cette plainte.
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Nouvelle-Calédonie : six militants kanaks demandent une enquête contre Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien LecornuDeux ans après les émeutes qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie, six militants indépendantistes kanaks, dont Christian Tein, saisissent la Cour de justice de la République. Ils estiment que leur transfert et leur incarcération en métropole avaient été décidés pour des raisons politiques, avant même les décisions judiciaires.Par A. Belize - Publié le Jeudi 10 Septembre 2026 à 11:00
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