Le constat est sans appel. Publié mardi 8 septembre, le classement Pisa 2026 fait apparaître les résultats moyens les plus faibles jamais enregistrés dans les pays étudiés par l’OCDE. En trois ans, les scores ont reculé en moyenne de 14 points en lecture, 9 en mathématiques et 3 en sciences. Désormais, un élève sur cinq présente un niveau jugé insuffisant dans ces trois matières.
La France n’échappe pas à cette tendance. Par rapport à 2022, les élèves français ont accumulé l’équivalent d’environ dix mois de retard en compréhension de l’écrit et neuf mois en mathématiques. Les sciences résistent davantage, avec une baisse plus limitée. Malgré cela, la France reste 27e au classement, essentiellement parce que de nombreux autres pays connaissent eux aussi un recul.
Les inégalités sociales continuent de peser lourdement sur les performances. En sciences, l’écart entre les élèves français les plus favorisés et les moins favorisés atteint 100 points, soit davantage que la moyenne internationale. Pour les spécialistes, la France peine toujours à accompagner efficacement les élèves les plus fragiles.
Autre évolution relevée par Pisa : le soutien parental semble diminuer. En 2025, 63 % des adolescents interrogés affirmaient que leurs parents leur demandaient au moins une fois par semaine ce qu’ils avaient fait à l’école, contre 74 % trois ans plus tôt. Or, l’OCDE observe qu’un accompagnement familial plus important est généralement associé à de meilleurs résultats scolaires.
L’usage croissant de l’intelligence artificielle interroge également. Le rapport met en évidence une corrélation entre une utilisation fréquente de l’IA et des performances plus faibles en sciences, sans pour autant établir de lien de cause à effet. Certains pays, comme Singapour, montrent d’ailleurs qu’une utilisation importante de ces outils peut parfaitement coexister avec d’excellents résultats.
Les smartphones et les réseaux sociaux sont eux aussi dans le viseur. Plus d’un élève sur quatre affirme que ses camarades sont très régulièrement distraits par les appareils numériques pendant les cours de sciences. Pour les experts, l’enjeu n’est donc pas forcément d’interdire ces outils, mais d’apprendre à mieux les encadrer.
Cette transformation des usages pourrait aussi creuser un fossé entre l’école et la culture quotidienne des adolescents, désormais largement façonnée par les réseaux sociaux, les vidéos courtes et les contenus numériques.
Face à ces résultats, le ministère de l’Éducation nationale affiche désormais l’objectif de gagner 20 points d’ici 2029, soit environ l’équivalent d’une année d’apprentissage, puis de replacer la France parmi les meilleurs pays européens et de l’OCDE à l’horizon 2033.
Parmi les mesures envisagées figurent un meilleur accompagnement des parents, davantage de soutien pour les élèves en difficulté et une plus grande autonomie accordée aux collèges. Les spécialistes mettent toutefois en garde contre un autre travers français : l’accumulation de réformes successives, parfois abandonnées avant même d’avoir été véritablement évaluées.
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Actualité
Niveau scolaire en baisse : l’IA, les réseaux sociaux et le recul du soutien familial pointés du doigtLe classement Pisa 2026 confirme une tendance inquiétante : en France comme dans de nombreux pays de l’OCDE, les élèves de 15 ans voient leurs résultats reculer en lecture, en mathématiques et en sciences. Derrière cette baisse, plusieurs facteurs se dessinent, des inégalités sociales au poids croissant des écrans, en passant par un accompagnement familial moins présent.Par A. Belize - Publié le Jeudi 10 Septembre 2026 à 06:00
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