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Ghosting, breadcrumbing… pourquoi les relations sont devenues si floues


Disparitions soudaines, messages au compte-gouttes, relations sans contours… De plus en plus de femmes se retrouvent prises dans des histoires floues, sans début clair ni vraie fin. Derrière le ghosting et le breadcrumbing se cache une nouvelle façon d’aimer, souvent déroutante, parfois douloureuse, mais révélatrice de notre époque.


Par A. Belize - Publié le Vendredi 6 Février 2026 à 09:00

Il y a quelques années encore, quand une histoire s’arrêtait, on finissait par le comprendre. Il y avait une discussion, parfois bancale, parfois douloureuse, mais il y avait des mots. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous ont vécu autre chose. Un message qui reste sans réponse. Une conversation qui se délite sans raison. Une présence qui s’espace, puis disparaît, sans explication.

Le ghosting, c’est ça. Quelqu’un qui s’efface, du jour au lendemain, comme si le lien n’avait jamais existé. Le breadcrumbing, c’est plus sournois encore. Quelques messages, de temps en temps. Juste assez pour maintenir l’espoir. Pas assez pour avancer. Et nous voilà à attendre, à douter, à relire les échanges, à chercher ce qu’on aurait pu dire ou faire différemment.

Ces situations, beaucoup de femmes les connaissent trop bien. Parce qu’on nous a appris à analyser, à comprendre, à nous remettre en question. Alors quand le flou s’installe, on se demande si on a été trop disponible, trop investie, trop enthousiaste. Si on en attendait trop. Alors que bien souvent, le problème n’est pas notre attente, mais l’absence de clarté en face.

Si ces comportements sont devenus si courants, c’est aussi parce que nos façons de nous rencontrer ont changé. Les applications donnent l’illusion du choix infini. Les messages instantanés permettent de disparaître sans bruit. Quand une relation devient inconfortable, il est plus simple de se taire que d’assumer un « je ne suis pas prêt » ou un « je ne ressens plus la même chose ». Le silence devient une échappatoire.

Il y a aussi une peur très réelle de faire face aux émotions de l’autre. Dire la vérité, même avec douceur, demande du courage. Cela implique d’assumer la déception, parfois la tristesse. Beaucoup préfèrent éviter ce moment. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que ne rien dire laisse une trace bien plus profonde. Le silence nourrit l’insécurité, pas l’apaisement.

Ces relations floues épuisent. Elles grignotent la confiance en soi, créent de l’anxiété, installent une forme de vigilance permanente. On doute de son intuition. On apprend à ne plus trop demander. À ne pas trop espérer. Et petit à petit, on se rétrécit.

Ce flou raconte quelque chose de notre époque, mais aussi de la place qu’on accepte parfois de prendre. On veut être aimées, mais sans déranger. Désirées, mais pas trop exigeantes. Disponibles, mais pas envahissantes. Alors on tolère les demi-présences, en se disant que c’est mieux que rien.

Sortir de ces schémas commence souvent par un déclic. Celui où l’on comprend qu’attendre une réponse, une attention ou une preuve minimale n’est pas une faiblesse. Refuser le flou, demander de la clarté, et partir quand elle n’arrive pas, ce n’est pas être dure. C’est se respecter.