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Sécheresse et canicule : des associations réclament l’arrêt temporaire de la chasse pour protéger les animaux sauvages


Cours d’eau asséchés, végétation brûlée, points de fraîcheur devenus rares… Après plusieurs épisodes de chaleur extrême, la faune sauvage est elle aussi à bout de souffle. Cinq associations de protection animale demandent au gouvernement de suspendre temporairement la chasse dans les territoires les plus touchés, afin de laisser aux animaux le temps de récupérer.


Par A. Belize - Publié le Mercredi 19 Août 2026 à 06:00

Photo by Kadir Akman
Photo by Kadir Akman

La chaleur n’épargne personne, pas même les habitants les plus discrets de nos forêts. Après des semaines marquées par la canicule, la sécheresse et les incendies, plusieurs associations alertent sur l’état de fragilité de la faune sauvage. Leur demande est claire : mettre temporairement les fusils de côté.

Début août, cinq organisations – One Voice, Pôle grands prédateurs, Focale pour le sauvage, l’Aves et l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) – ont ainsi écrit à la ministre de la Transition écologique pour réclamer un moratoire sur la chasse.

Pour Christian Perrenot, délégué de l’Aspas dans l’Hérault, il est désormais urgent de « lever le pied » afin de permettre aux animaux de récupérer après les épisodes caniculaires.

Car si l’ouverture générale de la chasse intervient traditionnellement en septembre, certaines espèces peuvent déjà être chassées grâce à des autorisations préfectorales. Chevreuils, renards, daims ou encore sangliers peuvent notamment être concernés dès le début de l’été.

Une situation que l’association juge difficilement compatible avec les conditions climatiques actuelles. Certains jeunes animaux restent encore très dépendants de leur mère à cette période de l’année. À cette vulnérabilité naturelle viennent désormais s’ajouter le manque d’eau et la disparition de nombreux espaces où ils peuvent habituellement trouver refuge.

Dans l’Hérault, Christian Perrenot décrit notamment de nombreux cours d’eau à sec. Au 31 juillet, quelque 1 500 hectares avaient par ailleurs déjà été ravagés par les flammes dans le département. Autant de bouleversements qui réduisent considérablement les ressources disponibles pour les animaux.

L’Aspas évoque ainsi une faune confrontée à un véritable « stress hydrique », avec des animaux rencontrant davantage de difficultés pour boire ou simplement trouver des endroits suffisamment frais pour supporter les températures.

Des restrictions existent pourtant déjà. Lorsque le risque d’incendie atteint le niveau de vigilance rouge, la chasse peut notamment être interrompue. Un dispositif jugé largement insuffisant par les associations, qui souhaitent que la décision repose également sur l’état des écosystèmes après les canicules, les sécheresses et les feux.

Leur revendication ne s’arrête d’ailleurs pas à une suspension estivale. Avant l’ouverture générale prévue autour de la mi-septembre, l’Aspas souhaite qu’une structure indépendante de la Fédération nationale des chasseurs puisse évaluer la situation de la faune et déterminer si les conditions sont réellement réunies pour reprendre la chasse.

Cette demande trouve déjà un écho important auprès du public. La pétition citoyenne baptisée « Pas de fusils sur les cendres », qui réclame elle aussi une protection renforcée de la faune après les incendies, a dépassé les 440 000 signatures.