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La Région Réunion

Réponse à l’intersyndicale de la Région Réunion


La Région Réunion s'exprime après un communiqué des organisations syndicales représentantes du personnel de la Région Réunion qui affirmaient que "La non prise en compte à ce stade des revendications de l’Intersyndicale amènerait, sans nul doute, à passer un cap vers l’organisation d’actions plus musclées".


Par La Région Réunion - Publié le Mercredi 23 Février 2022 à 15:59

Réponse à l’intersyndicale de la Région Réunion

En premier lieu et sur la forme, la Région Réunion regrette le caractère irrespectueux du communiqué vis-à-vis de la Présidente et de la fonction qu’elle incarne, de la part d’agents de la collectivité.

Sur le fond, le premier grand chantier auquel a été confronté la nouvelle équipe est celui de l’assainissement du fonctionnement de la collectivité régionale.
Dès les premiers jours, le constat de la situation a conduit à l’impérieuse nécessité de mener un travail de fond, tant au niveau des finances que des ressources humaines. En effet, la situation héritée révèle une gestion calamiteuse des deniers publics et une politique de recrutement de grande ampleur, dont les conséquences pèsent lourdement sur l’organisation administrative et sur les marges de manœuvre futures de la Région.

Ainsi, dès sa prise de fonctions la nouvelle mandature a été confrontée aux conséquences d’actes graves relevant du domaine juridictionnel ou judiciaire :

- Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui met en évidence un sureffectif dans un certain nombre de services, une opacité dans les procédures de recrutement et une dérive de la masse salariale qui a plus que doublé en dix ans.

- L’enquête judiciaire sur de nombreux emplois dont la réalité des missions interroge visiblement les magistrats.

La nouvelle mandature a donc trouvé une situation catastrophique dans le domaine des ressources humaines : situation de violences psychologiques anciennes qui se sont installées en l’absence totale de réactions, situation de conflits d’intérêts ignorés et non pris en compte, « non respect des règles de publicité des postes et de transparence des recrutements » (pour reprendre les termes de la CRC), titularisations en dépit d’avis défavorables de la hiérarchie, inadéquation patente entre les profils de poste et les compétences des agents retenus et globalement, constat de sureffectif.

Force est de constater le silence assourdissant des organisations syndicales pendant toutes ces années, face à cette situation délétère.

Depuis, une démarche rationnelle a été instaurée pour plus de rigueur et de transparence dans l’organisation et dans les procédures et au final, pour assainir les relations internes :

- Mise en place de procédures, conformément à la demande de la CRC : publications de vacances d’emplois et d’entretiens pour les recrutements ; application des lignes directrices de gestion pour les promotions.

- Collaboration étroite avec le Centre de Gestion et le médecin du travail pour identifier et prendre en charge les situations de souffrance au travail.

- Lancement d’un audit organisationnel au cours duquel les organisations syndicales ont été entendues, avec une consultation de tous les agents initiée au mois d’octobre, sur leurs constats et les pistes d’amélioration. La réponse des agents a été massive, constructive, mais aussi contradictoire. Si plus de 71% d’entre eux ressentent un sentiment d’injustice par rapport à la gestion précédente, ils sont tout aussi nombreux à se dire épanouis dans leur travail. L’audit fera l’objet d’une information à l’ensemble des agents dans le cadre d’un deuxième journal de bord au mois de mars. Des ateliers thématiques transversaux seront programmés fin mars et les conclusions de l’audit seront présentées lors d’un Comité Technique fin avril.

- Lancement d’une démarche d’accompagnement dans le domaine du télétravail. C’est un sujet suffisamment sérieux pour le traiter en profondeur, dans l’intérêt aussi bien des agents que de la collectivité. C’est pourquoi la Région a sollicité l’accompagnement d’un organisme paritaire, l’ARACT, en vue d’instaurer de façon pérenne, élargie et cadrée cette forme de travail à distance. En effet, il ne s’agit pas de figer une organisation exceptionnelle mise en place dans le contexte particulier de la crise sanitaire, mais au contraire de proposer un cadre stable et sécurisé. Il est regrettable que les organisations se soient abstenues de participer à la réunion organisée le 17 Février dernier, qui précisément avait pour objet de les associer à la construction du nouveau dispositif. Ce contretemps retardera d’autant la finalisation du dispositif final de télétravail au sein des services de la Région.

Il convient également de prendre en compte la situation très difficile trouvée par la nouvelle mandature dans le domaine financier, avec notamment un record en matière de surendettement. Cette situation dicte une maîtrise des dépenses de fonctionnement, afin de redonner à la Région toute sa capacité à exercer pleinement ses compétences. Initiés dès l’installation de la nouvelle mandature, les rendez-vous réguliers vont se poursuivre avec les organisations syndicales, afin de permettre un dialogue sur des sujets essentiels pour les agents de la Région.

La Région Réunion ne doute pas de l’esprit de responsabilité de chacun.
La tâche est immense et la collectivité a besoin du concours de tous.