À première vue, les images ressemblent presque à une démonstration futuriste. Un homme s’approche, un gant entre en contact avec son corps et, en quelques secondes, il se retrouve immobilisé. Pourtant, cette technologie pourrait bientôt quitter les vidéos promotionnelles pour rejoindre l’équipement quotidien des agents américains chargés de l’immigration.
L’administration Trump aurait en effet passé une commande de 20 millions de dollars auprès de l’entreprise commercialisant ces gants électriques. Leur principe : délivrer une décharge au contact d’une personne afin de la neutraliser. Un nouvel outil destiné notamment à l’ICE, l’agence fédérale chargée de l’immigration et des douanes, devenue l’un des symboles de la politique migratoire particulièrement offensive menée aux États-Unis.
Et c’est précisément ce contexte qui fait naître les inquiétudes. Depuis plusieurs mois, l’ICE fait l’objet de nombreuses critiques concernant les conditions et la violence de certaines interpellations. L’arrivée d’un dispositif permettant d’infliger une décharge électrique à très courte distance fait donc craindre une nouvelle escalade.
Pour certaines familles directement confrontées aux opérations de l’agence, cette technologie est loin d’être perçue comme un simple moyen de maîtriser plus facilement une personne. Une femme dont le conjoint a été arrêté par des agents de l’ICE devant sa jeune nièce estime ainsi que ces nouveaux équipements pourraient être interprétés comme une autorisation supplémentaire de recourir à la force.
Les gants électriques ne sont pourtant pas totalement nouveaux aux États-Unis. Certains policiers et agents pénitentiaires disposent déjà de dispositifs similaires. Mais même parmi les professionnels des forces de l’ordre, leur utilisation soulève une question essentielle : celle de l’encadrement.
Paul Vernon, ancien capitaine de la police de Los Angeles, estime ainsi qu’un tel équipement ne peut être utilisé sans règles extrêmement précises. Formation en situation réelle, protocoles définissant les circonstances dans lesquelles une décharge peut être administrée, rapports systématiques après chaque utilisation ou encore collecte de statistiques : autant de garde-fous qu’il considère indispensables.
Une exigence qui prend une dimension particulière concernant l’ICE. Le niveau de formation de certains de ses agents fait déjà l’objet de critiques, au moment même où l’administration américaine accélère considérablement les arrestations liées à l’immigration.
En juillet seulement, plus de 50 000 personnes auraient ainsi été interpellées, un niveau record depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
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Police de l’immigration aux États-Unis : des gants électriques à 20 millions de dollars bientôt utilisés lors des arrestationsImmobiliser une personne d’un simple contact : aux États-Unis, les agents de l’ICE pourraient prochainement être équipés de gants délivrant des décharges électriques. Une commande à 20 millions de dollars qui suscite déjà de sérieuses inquiétudes, alors que les méthodes de la police de l’immigration sont régulièrement dénoncées pour leur brutalité.Par A. Belize - Publié le Mardi 18 Août 2026 à 11:00
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