Ces derniers jours, une scène inattendue se répète devant plusieurs boutiques Minelli : des dizaines de clientes patientent devant les vitrines dans l’espoir de mettre la main sur une dernière paire à prix réduit. À Paris comme dans plusieurs grandes villes françaises, les files s’allongent dès l’ouverture, transformant les magasins en véritables zones de chasse aux bonnes affaires.
Un engouement aussi soudain que symbolique, alors que l’enseigne française s’apprête à fermer définitivement ses portes le 30 mai prochain.
Après plus de cinquante ans d’existence, Minelli tire sa révérence. Une disparition qui marque la fin d’une certaine idée de la mode accessible à la française : des chaussures élégantes, féminines, pensées pour durer plus qu’une saison.
Mais derrière cette vague de clientes venues profiter des dernières démarques, la réalité économique reste brutale. Placée en redressement judiciaire en avril 2026, la marque faisait face à une situation financière devenue intenable, avec plusieurs millions d’euros de pertes.
Pour écouler ses derniers stocks, l’enseigne a lancé une liquidation massive avec des réductions allant jusqu’à -60 %. Une stratégie qui attire enfin les consommatrices… précisément au moment où la marque disparaît.
Et c’est peut-être là tout le paradoxe de cette fermeture : pourquoi faut-il attendre qu’une enseigne s’éteigne pour qu’elle retrouve soudainement du désir ?
Le cas Minelli raconte en réalité quelque chose de plus vaste sur l’évolution de notre rapport à la mode. Aujourd’hui, l’histoire d’une marque, son savoir-faire ou sa notoriété ne suffisent plus à assurer sa survie. Le marché s’est radicalement transformé.
D’un côté, les géants de la fast fashion imposent des collections renouvelées en permanence à des prix défiant toute concurrence. Des plateformes comme Shein ou Temu ont bouleversé les habitudes d’achat avec une mode instantanée, ultra-accessible et omniprésente sur les réseaux sociaux.
De l’autre, la seconde main séduit une génération de consommateurs plus attentive à son budget, mais aussi aux enjeux écologiques. Acheter moins, acheter vintage ou revendre ses pièces est devenu un réflexe pour beaucoup.
Coincées entre l’ultra low-cost et la montée du marché de l’occasion, les enseignes françaises de milieu de gamme apparaissent aujourd’hui particulièrement vulnérables. Minelli n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Ces derniers mois, plusieurs marques historiques comme IKKS, Jennyfer ou Kookaï ont elles aussi traversé d’importantes turbulences.
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Actualité
Minelli : les boutiques envahies par les clientes avant la fermeture définitive de l’enseigneFiles d’attente devant les magasins, clientes prêtes à patienter des heures, rayons dévalisés… Depuis l’annonce de sa fermeture définitive, Minelli connaît un regain d’intérêt spectaculaire. Une fin paradoxale pour cette enseigne française iconique, longtemps boudée avant de redevenir désirable au moment de disparaître.Par A. Belize - Publié le Mercredi 20 Mai 2026 à 11:00
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