Une rentrée sans ENT, sans messagerie professionnelle et parfois même sans accès aux emplois du temps numériques : dans les académies de Nantes et Toulouse, le retour en classe a pris des airs de retour en arrière.
Plus de 850 000 enseignants ont repris le chemin des établissements lundi 31 août, à la veille de la rentrée des élèves. Mais pour une partie d’entre eux, cette reprise reste marquée par les conséquences d’une cyberattaque qui a frappé le ministère de l’Éducation nationale pendant l’été.
Des données concernant des professeurs et des élèves ont été dérobées. Par mesure de sécurité, l’accès à de nombreux outils numériques avait alors été suspendu. Si la situation est désormais revenue à la normale dans la plupart des académies, deux d’entre elles restent particulièrement touchées : Nantes et Toulouse.
Dans ces territoires, il faut parfois revenir au papier. Les emplois du temps doivent être imprimés ou reconstruits manuellement, alors que la grande majorité des tâches administratives et pédagogiques passent habituellement par des plateformes en ligne.
Ces outils servent à constituer les classes, gérer les coordonnées des élèves et des familles, organiser les affectations, traiter les applications financières ou encore communiquer avec les personnels. Les messageries professionnelles et les espaces numériques de travail sont également concernés.
À Toulouse, où l’académie rassemble plus de 500 000 élèves, le recteur évoque une rentrée « inédite ». Tous les établissements sont concernés. Les difficultés sont nombreuses : certaines affectations d’enseignants ne peuvent pas être finalisées, des projets restent en suspens et l’accès aux manuels numériques est compliqué, voire impossible.
Le ministère confirme que les messageries et plusieurs applications professionnelles restent coupées jusqu’à nouvel ordre dans cette académie.
À Nantes, qui compte environ 700 000 élèves, la situation est un peu moins sévère. Certains personnels peuvent retrouver un accès partiel à leur messagerie, selon les appareils et configurations utilisés. En revanche, les plateformes destinées aux élèves et aux familles restent largement indisponibles. Là encore, si rien n’est rétabli à temps, les emplois du temps devront être distribués sur papier.
La situation inquiète aussi pour les élèves en situation de handicap. Les affectations des AESH, les accompagnants chargés de les soutenir au quotidien, sont elles aussi perturbées. Conséquence : certains enfants et adolescents pourraient débuter leur année sans l’accompagnement prévu.
À Toulouse, le recteur annonce un retour de l’ENT à partir du lundi 7 septembre. Mais plusieurs syndicats restent sceptiques et certains évoquent déjà un délai de deux semaines ou davantage.
À Nantes, les délais restent tout aussi incertains. Les représentants syndicaux disent avoir entendu successivement qu’il s’agissait d’une question d’heures, puis de jours, puis de semaines.
Le ministère tente malgré tout de rassurer : les cours doivent reprendre comme prévu dans toutes les académies, et le versement des salaires des personnels ne serait pas menacé.
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Actualité
Cyberattaque à l’Éducation nationale : une rentrée « à l’ancienne » à Nantes et ToulouseAprès le piratage qui a frappé l’Éducation nationale cet été, la quasi-totalité des académies a retrouvé un fonctionnement normal. Mais à Nantes et Toulouse, la rentrée se déroule encore en mode dégradé. Emplois du temps sur papier, messageries coupées, plateformes inaccessibles : personnels, élèves et familles doivent composer avec une rentrée scolaire profondément perturbée.Par A. Belize - Publié le Mardi 1 Septembre 2026 à 11:00
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