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Haïti : une quarantaine de morts après une attaque de gangs près de Port-au-Prince


Haïti est une nouvelle fois frappé par une attaque d’une extrême violence. À Kenscoff, dans les hauteurs de Port-au-Prince, une quarantaine de personnes ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi après l’incursion de groupes armés dans un camp de déplacés installé dans une église. Plusieurs habitants sont toujours portés disparus.


Par A. Belize - Publié le Mercredi 26 Août 2026 à 11:00

Screenshot d'une video postée sur Facebook
Screenshot d'une video postée sur Facebook

Une nouvelle nuit d’horreur en Haïti. Dans la commune de Kenscoff, située dans les hauteurs de Port-au-Prince, une attaque menée par des gangs armés a fait environ 40 morts dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août.

Le maire de la commune, Massillon Jean, a évoqué une « nuit de terreur » après la découverte de dizaines de corps. Les recherches se poursuivent encore dans la zone et plusieurs personnes restent introuvables.

Selon les autorités locales, les assaillants ont fait irruption dans un camp de déplacés installé au sein d’une église. Plusieurs personnes auraient été exécutées sur place. Des dizaines d’autres ont été blessées, tandis que certaines auraient été enlevées.

Le gouvernement haïtien a rapidement réagi. Le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a exprimé sa « profonde compassion » aux familles des victimes et annoncé l’envoi de renforts dans la région afin de tenter de rétablir la sécurité.

Kenscoff est depuis plusieurs mois l’un des territoires où les groupes armés cherchent à étendre leur influence. Longtemps considérée comme relativement préservée par rapport à certains quartiers de Port-au-Prince, la commune est désormais elle aussi rattrapée par la violence qui déstabilise le pays.

Haïti traverse depuis des années une crise politique, économique et sécuritaire majeure, aggravée par la montée en puissance des gangs. Meurtres, enlèvements, violences sexuelles, extorsions et recrutements forcés d’enfants rythment désormais le quotidien de nombreuses zones du pays.

La population paie un prix particulièrement lourd. Selon une estimation publiée en juin par l’Organisation internationale pour les migrations, près de 1,5 million de personnes ont été contraintes d’abandonner leur domicile à cause des violences, sur une population totale d’environ 11 millions d’habitants.

Et le phénomène ne se limite plus à la capitale. Les groupes armés étendent progressivement leur présence à d’autres régions, provoquant de nouveaux déplacements de population et mettant davantage sous pression des forces de sécurité déjà débordées.

Pour tenter de reprendre le contrôle, une Force de répression des gangs soutenue par les Nations unies est en cours de constitution. Elle doit, à terme, rassembler environ 5 500 policiers et militaires étrangers pour épauler la police haïtienne.