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Contraception au désogestrel : 1,6 million de femmes vont être informées d’un risque rare de méningiome


L’Agence nationale de sécurité du médicament va adresser un courrier à 1,6 million de femmes ayant utilisé certains contraceptifs à base de désogestrel. En cause : un risque jugé faible mais réel de méningiome, une tumeur généralement bénigne. L’ANSM insiste toutefois sur un point essentiel : il ne faut pas arrêter sa contraception sans avis médical.


Par A. Belize - Publié le Samedi 12 Septembre 2026 à 11:00

Photo de    https://kaboompics.com/
Photo de https://kaboompics.com/

Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette… Plusieurs contraceptifs contenant du désogestrel sont concernés par une nouvelle campagne d’information lancée par l’Agence nationale de sécurité du médicament. À partir de jeudi 10 septembre, près de 1,6 million de femmes vont recevoir un courrier nominatif les informant d’un risque accru de développer un méningiome.

L’ANSM tient cependant à rassurer : ce risque reste considéré comme « faible ». Le méningiome est une tumeur qui se développe au niveau des méninges, les membranes entourant le cerveau. Dans l’immense majorité des cas, elle n’est pas cancéreuse, mais elle peut provoquer des symptômes parfois importants selon sa taille et sa localisation.

Les femmes concernées sont invitées à consulter en cas de signes inhabituels et persistants, comme des maux de tête, des troubles de la vision ou du langage, une faiblesse musculaire, des problèmes d’équilibre ou de mémoire, ou encore l’apparition ou l’aggravation de crises d’épilepsie. Une imagerie cérébrale pourra alors être prescrite afin d’en rechercher la cause.

Les chiffres disponibles permettent toutefois de remettre ce risque en perspective. Selon une étude menée par Epi-Phare en 2024, environ une femme sur 67 000 prenant du désogestrel développe un méningiome associé à ce traitement. Après cinq ans d’utilisation, le risque serait d’environ une femme sur 17 000.

Il augmenterait avec la durée d’exposition et pourrait être multiplié par deux après sept années de prise. À l’inverse, ce sur-risque disparaîtrait environ un an après l’arrêt du contraceptif. Les femmes de plus de 45 ans et celles ayant auparavant utilisé pendant plus d’un an certains progestatifs déjà identifiés comme à risque semblent davantage concernées.

Le niveau de risque reste néanmoins bien inférieur à celui observé avec des médicaments comme Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone ou Depo Provera, pour lesquels une surveillance par imagerie cérébrale peut être recommandée de manière systématique.

Face à cette information, l’ANSM déconseille formellement d’interrompre seule son contraceptif. Un arrêt brutal pourrait exposer à une grossesse non désirée. L’agence recommande plutôt d’en parler avec son médecin, son gynécologue ou sa sage-femme lors d’une prochaine consultation, afin d’évaluer la situation individuellement et, si nécessaire, d’envisager une alternative adaptée.