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Attentat raciste à Trappes : le suspect souffrirait de schizophrénie, sa garde à vue levée pour raisons psychiatriques


Nouveau rebondissement dans l'enquête sur l'attaque raciste qui a endeuillé les Yvelines vendredi 23 octobre. Kévin T., 39 ans, principal suspect de la fusillade mortelle de Trappes et de La Verrière, aurait indiqué être suivi pour schizophrénie. Sa garde à vue a été interrompue après une expertise psychiatrique, une décision qui suscite l'incompréhension de l'avocat de la famille de la victime.


Par A. Belize - Publié le Mardi 27 Octobre 2026 à 12:50

Post Facebook de Benjamin De Asis SanchezPerez du 24 Octobre 2026
Post Facebook de Benjamin De Asis SanchezPerez du 24 Octobre 2026

Trois jours après l'attaque meurtrière survenue à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, l'enquête connaît un nouveau développement. Le principal suspect, Kévin T., âgé de 39 ans, a été transféré dans une structure psychiatrique après que son état de santé a été jugé incompatible avec la poursuite de sa garde à vue.

Selon les informations rapportées dimanche 25 octobre par BFMTV, confirmant celles du Parisien et de TF1, l'homme aurait déclaré aux enquêteurs être traité pour schizophrénie.

Cette information intervient alors que les investigations se poursuivent pour comprendre les circonstances et les motivations de l'attaque qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un jeune homme de 26 ans.

Vendredi 23 octobre, plusieurs personnes avaient été prises pour cibles lors d'une série de tirs entre Trappes et La Verrière. L'attaque avait fait un mort et plusieurs blessés, parmi lesquels une fillette de 12 ans grièvement touchée.

Interpellé peu après les faits à Coignières par des policiers de la brigade anticriminalité, Kévin T. avait été placé en garde à vue. Un premier examen médical avait alors conclu que son état de santé permettait son maintien dans cette mesure.

Mais samedi, un psychiatre chargé de l'examiner a rendu un avis différent.

À la suite de cette évaluation, la garde à vue du suspect a été levée afin de permettre son placement en observation à l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, pour une durée maximale de 48 heures.

L'objectif de cette prise en charge est de déterminer si son état psychiatrique permet la reprise des auditions et des investigations le concernant.

Cette décision ne signifie toutefois pas que le suspect est déclaré pénalement irresponsable. Une éventuelle abolition ou altération de son discernement au moment des faits devra, le cas échéant, faire l'objet d'évaluations spécifiques dans le cadre de la procédure judiciaire.

Du côté des proches de la victime, cette évolution suscite de nombreuses interrogations.

L'avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi a exprimé son étonnement face à la levée de la garde à vue, une décision qu'il considère comme particulièrement rare.

Il s'interroge notamment sur la place accordée aux questions psychiatriques dans les enquêtes portant sur des violences à caractère raciste.

Pour appuyer son propos, l'avocat a évoqué l'affaire Aboubakar Cissé, cet homme tué à coups de couteau dans une mosquée de La Grand-Combe, dans le Gard. Dans ce dossier, une expertise psychiatrique avait conclu à une abolition du discernement du suspect, une conclusion contestée par les avocats de la famille.

Le conseil de la famille Wangi dénonce ce qu'il considère comme une différence de traitement dans l'analyse des attentats selon les motivations idéologiques qui leur sont attribuées. Il estime que la question de la santé mentale est rapidement mise en avant lorsque des violences sont associées à l'extrême droite, contrairement, selon lui, aux attaques de motivation islamiste.

Ces déclarations relancent un débat sensible : celui de la distinction entre les troubles psychiatriques, les motivations idéologiques et la responsabilité pénale. La présence éventuelle d'une maladie mentale ne permet, à elle seule, ni d'expliquer un passage à l'acte violent ni d'en déterminer les motivations.

Pendant ce temps, l'émotion reste vive parmi les proches de Pengo Bossio Wangi et les habitants des communes touchées.

Dimanche 25 octobre, une marche blanche a été organisée à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, en hommage au jeune homme. Le cortège s'est élancé depuis la mairie, réunissant des personnes venues témoigner leur solidarité à sa famille et dénoncer les violences racistes.