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📷 Éruption : Des centaines de spectateurs dans l’enclos malgré l’interdiction


"Ça m’a fait plaisir de voir les Réunionnais se réapproprier leur volcan" explique Arnaud Barrey. Le photographe faisait partie des centaines de personnes qui ont bravé l’interdit dimanche soir, pour être aux premières loges de la courte éruption du Piton de La Fournaise. Grand habitué des éruptions, il déplore l’interdiction d’accéder à l’enclos mise en place par la préfecture depuis plusieurs années.


Par Charlotte Molina - Publié le Mercredi 31 Juillet 2019 à 07:25 | Lu 71 fois

Photos : Arnaud Barrey
Photos : Arnaud Barrey
"C’est un spectacle pour petits et grands, ce n’est pas un spectacle rĂ©servĂ© aux spĂ©cialistes", indique le photographe amoureux du volcan. VoilĂ  plus de dix ans qu'Arnaud Barrey capture les Ă©ruptions du Piton de La Fournaise, au plus près des fontaines de lave. 
  
Alors ce lundi soir, hors de question de louper le spectacle. Arnaud prend son matĂ©riel et franchit la porte de l’enclos : "J’ai partagĂ© ce moment magique avec environ 200 personnes. C’est tellement mieux que d’être tout seul dans l’enclos avec mon accrĂ©ditation. Ça m’a fait plaisir de voir les RĂ©unionnais se rĂ©approprier leur volcan." 
 
 
Pour le photographe, l’interdiction d’accĂ©der Ă  l’enclos lors des Ă©ruptions est une aberration. "Ă€ HawaĂŻ, ils ont fait du volcan un vĂ©ritable atout touristique. C’est l’inverse de la politique appliquĂ©e ici." 
  
"Il est moins dangereux de laisser entrer les gens dans l’enclos en les maintenant à distance, que de laisser les passionnés contourner l’enclos en bord de falaise la nuit. À 500 m de l’éruption on peut largement profiter du spectacle. C’est ce qui se faisait avant l’effondrement du cratère Dolomieu, où les gendarmes nous maintenaient à distance mais nous permettaient quand même de profiter."


Des autorisations de plus en plus rares … 
  
"Moi au final j’ai jetĂ© l’éponge. C’était vraiment pĂ©nible de faire des pieds et des mains pour obtenir une autorisation que l’on m’a accordĂ©e pendant 10 ans", explique le photographe. 
  
Les dĂ©marches seraient devenues de plus en plus compliquĂ©es pour obtenir le prĂ©cieux sĂ©same, permettant d’entrer dans l’enclos lors d’une Ă©ruption. Un moyen de dĂ©courager les candidats, selon Arnaud. 
  
 
 
 
… Et une interdiction qui semble s’assouplir 
  
Après l’accident mortel de 2003, la prĂ©fecture n’a pas lĂ©sinĂ© sur les moyens pour limiter l’accès Ă  l’enclos du volcan : "Ă€ l’époque, il y avait toujours deux gendarmes Ă  la porte du Pas de Bellecombe, et d’autres en bas des coulĂ©es, Ă  l’accès de Saint-Philippe", raconte Arnaud Barrey. 
  
Mais depuis, les choses ont changĂ©, les contrĂ´les ont diminuĂ©, voire disparu. Hier soir, les gendarmes n’étaient d’ailleurs pas sur les lieux, indique-t-il. 
  
 
 
 
📷 Éruption : Des centaines de spectateurs dans l’enclos malgré l’interdiction
"Le volcan est plus intimidant que l’ocĂ©an" 
  
"Assister Ă  une Ă©ruption est aussi risquĂ© que de se balader au bord de la mer oĂą une grande vague pourrait vous emporter, explique Arnaud, mais le volcan est plus effrayant, plus intimidant que l’ocĂ©an, alors il tient plus en respect le visiteur. Personne n’essaie de trop s’approcher ou de marcher sur la lave par exemple"
  
Pour ce passionnĂ©, le piton de la Fournaise, volcan de type effusif, peut ĂŞtre apprivoisĂ© et approchĂ© sans danger : "Les professionnels du volcan Ă©taient heureux de voir du monde dans l’enclos. Les gens se saluaient et se donnaient des conseils. C’était une très bonne ambiance hier soir et tout le monde devrait pouvoir en profiter."