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Un préservatif anti-viol à épines qui fait grande polémique


En Afrique du Sud le viol est devenu un véritable fléau. La nation arc en ciel comptabiliserait pas moins d'un viol commis toutes les 26 secondes. Face à de drame, dont les premières victimes sont les enfants et les femmes, une Sud-Africaine a développé une " arme" qui pourrait s'avérer être très efficace. Mais des voix s'élèvent déjà contre la future commercialisation du préservatif féminin à épines.


Par 7mag.re - Publié le Lundi 19 Avril 2021 à 10:13 | Lu 4259 fois

Image par Florian Pircher de Pixabay
Image par Florian Pircher de Pixabay
Les chiffres des viols perpétrés en Afrique du Sud sont effrayants. Une Sud-africaine, Sonette Ehlers est sur le point de commercialiser le premier préservatif féminin à épines, un dispositif qui pourrait protéger les femmes des maladies sexuellement transmissibles et grossesses et les aider à faire fuir leur agresseur. Ce préservatif appelé RapeX, viendrait se planter dans la peau du sexe du violeur qui ensuite devrait passer par l'hôpital pour se dégager du piège et en même temps être confondu pour son crime.

Cependant, alors que le dispositif est breveté, mais pas encore commercialisé, des voix se font entendre. La controverse vient de certaines organisations qui estiment que les femmes pourraient être encore plus agressées par des violeurs devenus fous de douleur. Certains enfin prétendent que ce dispositif moyenâgeux ne permettrait pas de lutter contre les causes du viol et pourrait accroitre les inégalités, les femmes les plus pauvres ne pouvant s'offrir le RapeX.

 

Sonette Ehlers défend son invention dans Afrik et raconte la genèse de son idée qui date de 1959 : " J’ai rencontré au service transfusion où je travaillais une jeune fille d’ethnie tswana qui avait été violée. Elle avait tant de peine sur son visage… Elle m’a dit : ‘Si j’avais eu des dents à cet endroit !’ J’ai alors promis de faire quelque chose un jour pour empêcher ce genre de choses. Deux ou trois semaines plus tard, j’ai rencontré près d’un théâtre deux médecins venus aider un homme qui s’était coincé le pénis dans la fermeture éclair de son pantalon. Il ne pouvait pas bouger et criait de douleur. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de créer quelque chose qui empêche de courir et de bouger et qui ne peut pas être enlevé ailleurs qu’à l’hôpital ".  

Ce n'est que quelques décennies plus tard qu'elle a pu concrétiser son projet : " A l’époque, il manquait les matériaux pour réaliser ce que j’avais en tête. Il y a cinq ans, nous avions ce qu’il fallait. Un ingénieur est venu d’Angleterre pour m’aider à concevoir le préservatif. Il y avait aussi d’autres spécialistes ".

Fin août, elle a pu présenter son invention, le RapeX qu'elle décrit ainsi: " Ce dispositif de sécurité, qui ressemble à un tampon creux à l’intérieur, est fait de latex et de plastic. L’agresseur ne sent rien en pénétrant le vagin, mais la première fois qu’il tente de revenir en arrière, il est accroché : le plastic est taillé en pointes très pointues et courtes qui agrippent la peau de son pénis. Les pointes ne pénètrent pas profondément, l’objectif n’est pas de blesser ".
Pour Sonette Ehlers, le RapeX, outre de faire fuir le violeur, permettrait également de le confondre comme elle l'explique: " J’ai appelé mon invention RapeX parce qu’en anglais le X signifie la fin (ndlr: rape en anglais signifie viol). Le RapeX, c’est la fin du viol parce qu’un violeur qui sera piégé et ne pourra pas recommencer. Car dès que son pénis est accroché, la douleur est si vive qu’il ne s’occupe plus de sa victime. Elle peut donc s’enfuir car le préservatif est sorti de son corps. Mais le violeur, qui souffrira beaucoup et ne pourra plus uriner tant que le RapeX ne sera pas retiré, sera obligé de se rendre à l’hôpital ou chez la police. Les autorités sauront alors que c’est un violeur ". La Malaisie et l'Europe pourraient commercialiser également le RapeX...