Drapeaux espagnols à la main, des milliers de manifestants ont parcouru le centre de Madrid samedi. Au cœur de leur mobilisation : la situation à Ceuta, territoire espagnol situé en Afrique du Nord, confronté depuis la fin du mois de juillet à un afflux migratoire exceptionnel.
La manifestation était organisée par la plateforme Sociedad Civil Española et soutenue par le Parti populaire (PP) et Vox, dont plusieurs responsables ont participé au rassemblement. Les participants ont notamment réclamé des élections générales anticipées, alors que le prochain scrutin doit normalement avoir lieu au plus tard en 2027.
L’ampleur de la mobilisation fait toutefois l’objet d’estimations très différentes. La délégation du gouvernement à Madrid avance le chiffre d’environ 20 000 participants, tandis que les organisateurs affirment en avoir rassemblé 180 000.
Cette colère intervient près de deux mois après l’arrivée massive de migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet. Des documents déclassifiés ont depuis révélé que les services de renseignement espagnols avaient repéré, avant ces événements, des appels circulant sur les réseaux sociaux pour franchir la frontière.
Dans son manifeste, Sociedad Civil Española réclame notamment des élections anticipées et des mesures beaucoup plus fermes concernant les personnes entrées à Ceuta. La plateforme demande également que Pedro Sánchez fasse l’objet d’une procédure pour « trahison », une revendication politique portée par les organisateurs mais qui ne constitue pas, à ce stade, une décision judiciaire.
Face à la crise, le gouvernement espagnol a renforcé les dispositifs d’accueil et mobilisé des moyens supplémentaires. Mais la situation reste politiquement très tendue, notamment autour de la prise en charge et de la répartition des migrants encore présents à Ceuta.







