À Kiev, la nuit a encore basculé dans le vacarme des sirènes et des explosions. Dans l’obscurité, le bruit reconnaissable des drones Shahed a traversé le ciel avant de laisser place aux impacts. En seulement quarante-huit heures, la Russie aurait lancé plus de 1 500 drones ainsi qu’une cinquantaine de missiles sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne.
Une attaque massive, parmi les plus importantes depuis le début de l’invasion.
Et dans la capitale, les images sont saisissantes : façades arrachées, appartements soufflés, gravats partout. Au cœur de Kiev, un immeuble résidentiel a été frappé de plein fouet. Dix-huit appartements ont été détruits en quelques secondes.
“J’étais dans le couloir quand l’explosion m’a projeté contre le mur”, raconte un habitant blessé, encore sous le choc.
Au milieu des débris, les secours ont travaillé toute la nuit. Certains habitants, réveillés brutalement par les explosions, se sont retrouvés coincés sous les blocs de béton.
Des voisins ont tenté d’aider avant même l’arrivée des équipes d’intervention.
“J’ai entendu une femme crier sous les gravats. C’était comme un dernier appel”, confie un jeune riverain qui a creusé à mains nues pour tenter de la dégager.
Le bilan provisoire fait état d’au moins seize morts et plusieurs dizaines de blessés.
Cette offensive intervient quelques heures seulement après la fin d’un très bref cessez-le-feu de trois jours annoncé par Moscou.
Pour beaucoup d’Ukrainiens, cette pause n’était qu’une illusion de plus.
“Ce cessez-le-feu n’était qu’un coup de bluff”, a dénoncé le maire de Kiev, Vitali Klitschko. “Depuis quatre ans, nous entendons les mêmes promesses. Mais la guerre continue.”
Dans les rues de la capitale, la fatigue se lit désormais partout. Entre les alertes aériennes, les nuits écourtées et les immeubles détruits, une partie de la population vit dans une tension permanente devenue presque quotidienne.
Pendant que les frappes se multiplient, les discussions diplomatiques entre Kiev et Moscou semblent plus fragiles que jamais.
Les tentatives de négociation sont aujourd’hui largement éclipsées par les nouvelles tensions internationales et la guerre qui secoue désormais aussi le Moyen-Orient.








