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Julie, victime de harcèlement scolaire: sa terrible descente aux enfers.

La jeune femme de 23 ans qui témoigne aujourd'hui revient de très loin... Obèse, victime de harcèlement scolaire, elle a ensuite connu l'anorexie. Julie Marguerite s'en est sortie, grâce à des mains tendues mais elle n'oublie pas. Un témoignage poignant et un appel aux petites victimes à parler


Lorsque l'on voit Julie aujourd'hui, cette magnifique jeune femme de 23 ans, impossible d'imaginer ce qu'elle a pu traverser. Ancienne obèse, ancienne anorexique, elle avoue avoir été très mal... Victime de harcèlement scolaire dans son adolescence, elle n'oublie pas et veut raconter. 

Un peu avant l'adolescence la petite Julie s'est mise à prendre du poids... Elle sera en surpoids, elle pesait  80 kilos à l'âge de 12 ans ans pour 1m65. Elle, à l'époque, se sentait bien dans sa tête, mais ce bel équilibre va vite basculer. C'est à son entrée au collège que les choses vont déraper. Julie témoigne: " Quand suis rentrée au collège j'ai essuyé les critiques des garçons et des filles. Au départ des remarques telles que  " la plus grosse de la classe c'est Julie ". Ces moqueries sur son physique, les premières sont comme une claque. Elle poursuit : " Ces gens ont débarqué dans ma vie et m'ont fait me renfermer dans une bulle.. C'était une torture d'aller dehors. J'étais la bête de foire du collègue ".
 
"Je voulais cacher toute cette graisse "
Sa famille est très consciente du problème, et sa mère tente de l'aider à surveiller son poids. Julie cependant ne peut que témoigner : " A mon entrée en sixième j'étais déjà en total surpoids. Enfermée dans cette bulle de malaisance, j'avais en plus cette étiquette d'une grosse. J'étais la baleine, je mettais des vêtements moches. Cela m'a fait tellement mal que je n'ai plus voulu aller en cours. Je mettais trois t-shirts, un leggings et un jeans. Je voulais cacher toute cette graisse ".

Voyant le mal être de leur fille, les parents vont aller voir le proviseur du collège, les surveillants... L'équipe enseignante est avisée du harcèlement dont est victime la jeune Julie. La jeune femme a pu compter sur le soutien des siens mais bien démunis face à ce harcèlement scolaire: " heureusement je parlais énormément à mes parents. Nous sommes allés voir l'équipe enseignante. Ils ont fait une journée de rappel, de droit à la différence et de sensibilisation au harcèlement ". Julie, amère constate que cela n'a servi à rien. 

Ses résultats scolaires vont en pâtir: renfermée dans sa bulle, de première de la classe au début de l'année, elle va terminer avec un avertissement travail. Tellement traumatisée par ses camarades, elle sera déscolarisée.

Une photo avant sa prise de poids, elle n'a plus aucun cliché ensuite d'elle
Une photo avant sa prise de poids, elle n'a plus aucun cliché ensuite d'elle
Sa planche de salut va venir de son frère dans un premier temps. Ce dernier faisait alors de l'athlétisme, très sportif. Julie se trouve être la seule en surpoids dans sa famille. Très active pour aider sa petite fille, sa mère va alors avoir l'idée de lui suggérer d'aller avec son frère faire du sport. Le coach d'athlétisme, briefé sur le problème de surpoids de la jeune fille va l'aider. Julie se remémore: " J'ai commencé à rééquilibrer mon alimentation. Mes parents avaient raconté l'histoire de mes humiliations au coach. Il a dit que c'était normal que je n'aille pas bien. Il m'a mise en confiance... Il m'a assuré que j'allais pouvoir trouver un poids idéal et un corps dans lequel je me sentirais bien".
 J'étais anorexique, je ne supportais pas la graisse
 Les années collègues vont passer. Le sport et le rééquilibrage alimentaire vont fonctionner. En troisième Julie valide son brevet des collèges. Elle perd 10 puis 15 kilos et se stabilise à 65 kilos... Tout va bien mais c'est alors que le contrecoup de cette image de "grosse" va la faire sombrer. Tout va aller vite à l'aube de l'entrée au lycée : " Durant les vacances j'ai voulu perdre encore du poids. J'en ai perdu beaucoup trop:  20 kilos en rationnant mon alimentation. Un délire anorexique, je n'avais jamais assez perdu ... A mon arrivée au lycée les gens étaient choqués que la grosse soit passée à très maigre de 80 kgs à 45 kilos pour 1m70. J'étais anorexique, je n'avais plus de notion de mon corps et  ne supportais pas la graisse ".

Ses parents sont bien évidemment affolés. Elle se souvient du regard des gens dans les magasins, qui gênés par cette maigreur, détournaient le regard.

Son salut va venir d'une rencontre amoureuse, son premier amour :  elle a alors 17 ans. Julie se souvient : " C'est toujours mon grand Amour, il m'a acceptée comme j'étais. Il m'a dit qu'il allait me reprendre en main. Il m'a redonné toute ma confiance en moi. J'ai repris goût à l'alimentation".

Sa balance va afficher 55 kgs pour 1m70, elle est sauvée... En riant , Julie analyse : " Comme par hasard quand j'ai commencé à être "normale " j'ai eu des tonnes d'amis. Comme la grosse chenille toute noire toute marron, je suis devenue un peau papillon. Mais je suis la même...
Avec mon ami, on fait beaucoup de sport, je suis auxiliaire de vie. J'ai envie d'aider des personnes
.". Comme un ultime clin d'oeil, l'ex obèse, l'ex anorexique va faire des défilés de mode ou se présenter à un concours de beauté.

Mais elle n'oublie pas et veut une nouvelle fois marteler son message: " Aujour'dhui beaucoup de jeunes sont victimes de harcèlement sur leur physique. Dans la cour de récréation la différence c'est violent. Le fils d'une amie qui a 13 ans ne va plus en cours car il est traité de gros constamment, on l'enferme dans les toilettes. 
Ce harcèlement provoque de la dépression, des suicides. Mon anorexie c'était cela, une sorte de suicide. J'ai eu un miracle qui a été mon copain. Depuis mes parents sont heureux., ils ont souffert aussi
.".

Julie va bien, entourée, aimée mais jamais elle n'oubliera...

Lundi 23 Septembre 2019
Chloé Grondin
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