Culture

François Hollande, un an après...Le plus impopulaire des présidents

Le Président de la République François Hollande bat tous les records. Un record d'impopularité avec seulement 24% des Français qui se déclarent «plutôt satisfaits» de cette première année de présidence selon le dernier sondage BVA, un taux de chômage qui bat le triste record de 1997 avec plus de 3,224 millions de demandeurs d'emplois. Quel est le bilan un an après son arrivée à l'Elysée? Eléments de réponses avec Bruno Guigue, chroniqueur politique, et Éric Marguerite, secrétaire général de l'union départementale Force Ouvrière.


François Hollande, un an après...Le plus impopulaire des présidents
 Une telle impopularité à un tel niveau, c'est un peu étonnant selon Bruno Guigue. Mais cela s'inscrit dans un contexte que tout le monde connaît. Au-delà des résultats économiques qui sont jugés modestes, cette côte d'impopularité de notre chef de l'Etat marque l'exaspération des gens face à nos dirigeants. Et l'affaire Cahuzac est le facteur qui renforce cette crise de confiance. «Elle éclabousse d'une certaine façon la présidence Hollande, et entache son équipe d'une certaine souillure morale, et ce n'est pas le fait en lui-même, mais le fait d'avoir menti» explique Bruno Guigue.
Seuls 29% des personnes interrogées par BVA disent que François Hollande est un «bon président» quand Nicolas Sarkozy recueillait, après un an à l'Elysée, 48% d'opinions favorables, Jacques Chirac 58%, François Mitterrand 55%, Valery Giscard d'Estaing 57%, Georges Pompidou 83% et Charles de Gaulle 89%. Mais pour Éric Marguerite, cela n'est pas surprenant. «Il y a une insatisfaction qui s'est développée dans le pays, en même temps, une crise de confiance, c'est d'ailleurs la première des crises. Elle reflète l'incapacité du gouvernement à appliquer son programme, et à régler les problèmes qui se posent, notamment le problème de l'emploi». Il note également que la politique d’aujourd’hui est la même que la politique d'avant: «Entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, pas de réelles différences dans les mesures qui sont prises».

François Hollande, un an après...Le plus impopulaire des présidents
C'est l'emploi qui intéresse les Français!
 «Rien ne va dans le sens des salariés, 20 milliards d'euros ont été distribués aux entreprises, et il y a aussi l'ANI, l'Accord National Interprofessionnel, qui sera mis en oeuvre le 17 mai si tant est que le Sénat le vote dans les même termes que l'Assemblée». L'ANI, un accord signé entre le Médef et des syndicats minoritaires, qui permettra aux entreprises «une flexibilité qui n'est autre que le licenciement le plus facile des salariés» s'insurge le secrétaire général de l'union départementale Force Ouvrière. Ce qui importe pour les Français, c'est l'emploi, c'est créer une famille et vivre décemment, rappelle Éric Marguerite. Alors est-ce que ce gouvernement est en capacité  aujourd'hui d'apporter une réponse à toutes ces problématiques, le syndicat Force Ouvrière à La Réunion n'en est pas certain.
S'il y a un désamour des Français pour le pouvoir, «c'est parce qu'il y a quand même un certain déficit d'autorité de la part du Premier Ministre. Tous les couacs et cette cacophonie au sein du gouvernement en sont la preuve. Jean-Marc Ayrault a d'excellentes qualités, mais pas forcément celles d'un chef de Premier Ministre» pense Bruno Guigue, chroniqueur politique et professeur de philosophie. Les priorités pour les Français sont l'emploi, le logement, la sécurité et l'éducation. En ce point, il partage les idées d’Eric Marguerite. «Les questions d'ordre sociétal, comme le mariage pour tous, ça n'intéresse pas les Français. Le succès du mariage pour tous ne compensera pas cette absence de résultat socio-économique». 

François Hollande, un an après...Le plus impopulaire des présidents
Faut-il un remaniement ministériel?
 «Alors si François Hollande fait un bilan de cette première année de quinquennat plutôt catastrophique, on ne peut sans doute pas attendre d'un pouvoir qu'il change les choses en quelques mois » relativise Bruno Guigue. Une analyse qui rejoint celle du directeur de l’Institut BVA, Gaël Sliman qui estime: «Avec seulement 24 % d’opinions favorables, François Hollande est certes très bas, mais il peut encore tenir et même rebondir».
La question se pose forcément: faut-il un remaniement ministériel? Pour Eric Marguerite, «ce n'est pas en changeant les hommes qu'on va changer quoi que ce soit. Il faut changer de politique tout simplement, celle qui est menée n'est pas adaptée à la situation de chômage et de désespérance sociale. Il faut revoir la politique qui est menée actuellement au niveau de l'Union Européenne, et l'Allemagne doit cesser d'avoir le leadership au niveau de l'Europe et doit cesser d'imposer ses décisions». Le gouvernement Ayrault pourrait mieux faire, selon Eric Marguerite, à condition d'écouter les partenaires sociaux «parce que ce sont eux qui connaissent les problèmes des travailleurs dans ce pays».

Vendredi 7 Juin 2013
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