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Faux ongles : brûlures, UV, infections… ce que personne ne vous dit vraiment sur les poses en gel


Brûlures chimiques, UV potentiellement cancérigènes, infections sous l’ongle… Derrière les manucures impeccables et les poses ultra glossy, les faux ongles soulèvent de plus en plus d’inquiétudes chez les autorités sanitaires.


Par A. Belize - Publié le Mardi 19 Mai 2026 à 06:00

Carrés milky, baby boomer parfait, effet glazed ultra brillant… Les faux ongles se sont imposés comme un véritable accessoire de style. En institut comme à domicile, les poses en gel et capsules séduisent par leur rendu impeccable et leur tenue longue durée. Mais derrière cette esthétique millimétrée, plusieurs experts tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme.

Le magazine 60 Millions de consommateurs revient sur les dangers potentiels liés aux faux ongles, pointant notamment les colles utilisées, les lampes UV et les risques d’infections parfois sévères. Des alertes déjà relayées ces dernières années par l’Anses ou encore l’Académie nationale de médecine.

Premier point de vigilance : les colles à base de cyanoacrylate, utilisées pour fixer les capsules. Invisibles une fois sèches, elles peuvent pourtant provoquer des accidents impressionnants. Si le produit entre simplement en contact avec la peau, les conséquences restent généralement limitées. Mais lorsqu’il touche certains tissus comme le coton ou la laine, une réaction chimique très rapide peut se produire, provoquant un important dégagement de chaleur.

Résultat : des brûlures parfois graves sur les doigts, les mains, les bras ou le visage. L’Anses rappelle que la texture très fluide de ces colles favorise leur diffusion à travers les vêtements, augmentant ainsi la surface touchée. Les centres antipoison ont recensé plusieurs cas inquiétants, dont celui d’une très jeune enfant ayant dû subir une greffe cutanée après un accident domestique.

En cas de projection sur un textile, les spécialistes recommandent de rincer immédiatement à l’eau froide savonneuse afin de limiter la réaction chimique. Toute brûlure importante nécessite ensuite une prise en charge médicale rapide.

Autre sujet qui inquiète les professionnels de santé : les fameuses lampes UV utilisées pour catalyser les gels. Longtemps considérées comme anodines, elles font désormais l’objet d’études plus préoccupantes. En 2023, plusieurs chercheurs ont évoqué un lien possible entre les expositions répétées aux UV des lampes et certaines mutations cellulaires.

Dans la foulée, l’Académie de médecine rappelait que ces appareils diffusent principalement des UVA, connus pour pénétrer profondément dans la peau et accélérer le vieillissement cutané. Plus inquiétant encore : les UVA sont classés cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer.

Les dermatologues conseillent ainsi d’appliquer une protection solaire à large spectre sur les mains avant chaque séance sous lampe UV. Une précaution utile, mais qui ne supprime pas totalement l’exposition.

Enfin, le dernier risque souvent ignoré concerne l’état même de l’ongle naturel. Sous les capsules ou le gel, l’humidité peut s’accumuler et créer un terrain idéal pour les bactéries et les champignons. À long terme, certains utilisateurs observent des ongles fragilisés, jaunis, dédoublés ou douloureux. Dans les cas les plus sérieux, des infections peuvent apparaître et nécessiter des traitements médicaux.

Les autorités sanitaires rappellent également l’importance de conserver ces produits hors de portée des enfants et demandent aux fabricants de mieux informer les consommateurs sur les risques liés aux brûlures chimiques et à l’exposition aux UV.