7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

États-Unis – Iran : la trêve n’aura duré que quelques semaines, le spectre d’une nouvelle escalade plane sur le Moyen-Orient


À peine trois semaines après un accord censé apaiser les tensions autour du détroit d'Ormuz, Washington et Téhéran renouent avec les frappes, les menaces et les démonstrations de force. Entre accusations croisées, déclarations incendiaires et craintes d'un embrasement régional, le fragile cessez-le-feu semble désormais appartenir au passé.


Par A. Belize - Publié le Dimanche 12 Juillet 2026 à 06:00

Donald Trump sur X - Open Source Intel -
Donald Trump sur X - Open Source Intel -
Le fragile équilibre n'aura pas résisté longtemps. Signé le 17 juin pour permettre la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran s'est rapidement fissuré. Depuis plusieurs jours, les deux puissances s'accusent mutuellement d'avoir violé leurs engagements, faisant replonger la région dans une nouvelle phase de confrontation.

Les premières tensions étaient déjà apparues à la fin du mois de juin. Washington reprochait alors à Téhéran d'avoir ciblé plusieurs navires dans le Golfe, tandis que l'Iran dénonçait des frappes américaines sur son territoire. Après une courte accalmie, la situation s'est brutalement dégradée le 7 juillet lorsque les États-Unis ont annoncé avoir mené de nouvelles opérations militaires contre des installations iraniennes, en représailles à des attaques contre trois bâtiments naviguant dans le détroit d'Ormuz.

La réponse iranienne n'a pas tardé. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des frappes contre plusieurs installations militaires américaines situées au Koweït et à Bahreïn à l'aide de missiles et de drones. Les autorités iraniennes présentent ces opérations comme une riposte directe aux bombardements américains, qu'elles considèrent comme une violation manifeste des engagements conclus quelques semaines plus tôt.

Cette brusque montée des tensions s'est invitée jusque dans les discussions du sommet de l'OTAN organisé à Ankara. Devant la presse, Donald Trump a affirmé que le cessez-le-feu était désormais « terminé », accusant les dirigeants iraniens de ne pas respecter leur parole. Le président américain a multiplié les déclarations offensives, qualifiant notamment la République islamique de pays « malade » et affirmant qu'il était inutile de poursuivre les négociations.

Ces propos ont immédiatement provoqué de fortes secousses sur les marchés pétroliers. Les cours du brut ont bondi, tandis que Washington rétablissait les sanctions visant les exportations de pétrole iranien, suspendues lors de l'accord de juin.

Face à cette nouvelle pression, Téhéran a averti que toute aide militaire apportée aux États-Unis dans la région ferait désormais de ses voisins des cibles potentielles. Le Koweït et Bahreïn ont dénoncé ces menaces, tandis que le Qatar, engagé dans un rôle de médiateur, a appelé les deux camps à renouer avec le dialogue. La Chine s'est également inquiétée d'une reprise des hostilités, estimant qu'aucun acteur ne sortirait gagnant d'une nouvelle guerre régionale.

Sur le terrain, les opérations militaires se sont poursuivies. Les forces américaines annoncent avoir frappé près de 90 objectifs militaires iraniens, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière ainsi que des dépôts de missiles et de drones. Selon Washington, ces opérations visent à empêcher toute nouvelle attaque contre les navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz.

Les autorités iraniennes font état de 17 morts et de plus d'une centaine de blessés après ces bombardements. Elles accusent également les États-Unis d'avoir touché des infrastructures civiles, notamment des ponts et des voies ferrées, perturbant les déplacements liés aux funérailles nationales de l'ancien guide suprême Ali Khamenei.

Ces cérémonies se sont déroulées dans un climat particulièrement tendu. Des foules immenses ont accompagné le cercueil de l'ancien dirigeant, tandis que des slogans appelant à la vengeance et visant directement Donald Trump étaient scandés dans plusieurs villes iraniennes.

Dans le même temps, de nouvelles révélations sont venues alimenter les inquiétudes. Plusieurs médias américains affirment que les services de renseignement israéliens auraient transmis à Washington des informations faisant état d'un projet iranien visant à assassiner le président américain. Si la Maison Blanche n'a pas confirmé officiellement ces informations, elles interviennent dans un contexte de très forte tension sécuritaire.

Malgré une brève accalmie observée entre jeudi et vendredi, les efforts diplomatiques peinent à inverser la tendance. Une délégation qatarie s'est rendue à Téhéran afin de tenter de relancer les discussions, soutenue par l'Égypte, qui appelle elle aussi à une désescalade.

Donald Trump s'est dit prêt à poursuivre les négociations, tout en réaffirmant simultanément sa détermination militaire. Dans un message publié sur Truth Social, il a déclaré que les ordres avaient déjà été donnés et que l'armée américaine était prête à « détruire complètement toutes les régions d'Iran » si la situation l'exigeait.

En réponse, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a juré de venger la mort de son père ainsi que celle de tous ceux tués au cours des récents affrontements avec Israël et les États-Unis. Il affirme que les responsables figurent déjà sur une liste de cibles.

Enfin, l'Iran a averti qu'il ne se considérerait plus lié par l'accord conclu en juin si les États-Unis continuaient, selon lui, à en violer les termes.