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Comment les résidus agricoles pourraient devenir le carburant des avions de demain


ace à la flambée du prix du kérosène et à l'urgence climatique, plusieurs fleurons de l'industrie française unissent leurs forces pour développer un carburant aérien nouvelle génération. Leur pari : transformer des résidus agricoles issus notamment de la betterave et du blé en une alternative plus durable pour faire décoller l'aviation de demain.


Par A. Belize - Publié le Jeudi 11 Juin 2026 à 11:00

Photo by Nikolett Emmert
Photo by Nikolett Emmert

L'avenir de l'aérien pourrait bien se jouer dans les champs. Alors que le secteur est confronté à une double pression — réduire son empreinte carbone tout en limitant sa dépendance aux énergies fossiles — quatre grands groupes français viennent d'annoncer une alliance stratégique autour d'un projet ambitieux : produire un carburant d'aviation durable à partir de ressources agricoles déjà existantes.

Baptisée Rebound, cette nouvelle coentreprise réunit des acteurs majeurs de l'industrie française : Airbus, Safran, Technip Energies et Tereos. Un nom qui surprend peut-être moins lorsqu'on sait que la célèbre coopérative, connue pour ses produits sucriers, est également l'un des principaux producteurs européens d'éthanol.

Car derrière le sucre et l'amidon se cache une autre ressource précieuse.

Lors de la transformation de la betterave sucrière ou du blé, certains résidus ne peuvent être valorisés dans l'alimentation. Ces matières sont alors utilisées pour produire de l'éthanol, déjà largement intégré aux biocarburants routiers. Désormais, l'objectif est de franchir une nouvelle étape et de l'utiliser pour alimenter les avions.

Une évolution qui pourrait transformer durablement le secteur aérien.

Les quatre partenaires ont décidé d'investir ensemble 60 millions d'euros afin d'accélérer le développement de cette filière. Chacun apportera son expertise : Tereos pour l'approvisionnement agricole et la production d'éthanol, Technip Energies pour l'ingénierie industrielle, tandis qu'Airbus et Safran participeront en tant que partenaires industriels et futurs utilisateurs potentiels de ce carburant nouvelle génération.

Au-delà de l'enjeu environnemental, cette initiative répond également à une logique économique.

Avec la progression constante des véhicules électriques, la demande en biocarburants destinés aux voitures devrait progressivement ralentir dans les années à venir. Pour les producteurs d'éthanol, l'aviation et le transport maritime représentent donc de nouveaux débouchés stratégiques.

L'ambition du projet se concrétise déjà dans le nord de la France.

Une gigantesque usine pourrait voir le jour sur le port de Dunkerque. Déjà évoqué au début de l'année 2026, ce site industriel représenterait un investissement total estimé à 1,7 milliard d'euros. À terme, il pourrait générer environ 300 emplois et produire jusqu'à 160 000 tonnes de carburant d'aviation durable chaque année.

Si le projet aboutit, il deviendrait l'un des plus importants sites européens dédiés à ce type de carburant.