Il aurait voulu parler de politique. De projet. De victoire. D’avenir. Mais très vite, le récit a glissé ailleurs.
Fraîchement élu maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko s’est retrouvé propulsé sous le feu des projecteurs pour une raison bien différente de celle qu’il espérait : des propos racistes, survenus pendant sa campagne, ont pris le dessus sur le reste.
Invité à la télévision, face à Anne-Sophie Lapix, il revient sur cette séquence avec une forme de lucidité désarmante.
« Je ne m’y attendais pas », confie-t-il. Et pourtant, dans le même souffle, il reconnaît qu’il y était, d’une certaine manière, préparé. Car ce qu’il a vécu ne sort pas de nulle part.
Depuis des années, il entend les mêmes phrases, les mêmes doutes, les mêmes résistances. Dans la rue, dans les discussions, parfois même dans les médias. « Les gens ne sont pas prêts de voter pour un noir », rapporte-t-il. Une idée persistante, presque ancrée, qui traverse encore une partie de la société.
Mais les urnes ont raconté une autre histoire.
Sa victoire vient justement contredire ces préjugés. Elle prouve, selon lui, que les électeurs peuvent aller au-delà de l’origine, de la couleur de peau, et se concentrer sur un projet, une vision, une capacité à incarner une ville.
Un signal fort. Et pourtant, les attaques ont existé.
Certaines remarques, certains discours ont marqué la campagne. Bally Bagayoko les replace dans un contexte plus large, celui d’un héritage historique, profondément lié à l’histoire coloniale française. Pour lui, ces paroles ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans une continuité, parfois banalisée, parfois même relayée dans certains espaces médiatiques.
Un constat qu’il ne cherche pas à adoucir. Mais face à cela, il refuse de s’arrêter.
« Le plus important, ce n’est pas ceux qui tiennent ces propos », explique-t-il en substance. Ce qui compte, c’est ce que l’on en fait. Comment on agit pour que ces discours reculent, pour qu’ils ne deviennent plus la norme.
Alors il transforme.
Il s’engage davantage. Il co-signe une tribune avec d’autres élus pour dénoncer le racisme. Il organise un rassemblement citoyen devant la mairie de Saint-Denis. Il prend la parole, non pas seulement pour raconter, mais pour faire avancer.
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Actualité
Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis : face au racisme, une parole lucide et déterminéeÀ peine élu, Bally Bagayoko se retrouve confronté à une réalité brutale : des attaques racistes venues parasiter sa victoire. Entre sidération et engagement, il choisit de répondre sans détour… et de transformer l’épreuve en combat.Par A. Belize - Publié le Mardi 7 Avril 2026 à 06:00
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