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Affaire Justine Vayrac : le récit glaçant de l’accusé face à la cour


Au troisième jour du procès du meurtre de Justine Vayrac, l’accusé a livré une version des faits aussi détaillée que troublante. Une nuit racontée minute par minute, où banalité et violence s’entremêlent, laissant la cour face à un récit difficile à entendre.


Par A. Belize - Publié le Mardi 31 Mars 2026 à 11:00

Affaire Justine Vayrac : le récit glaçant de l’accusé face à la cour
Face aux jurés, Lucas Larivée revient sur cette nuit du 23 octobre 2022. Une nuit qui commence comme tant d’autres… et qui se termine par un drame.

Il raconte d’abord la rencontre. Ce soir-là, il croise Justine Vayrac à la sortie d’une discothèque à Brive-la-Gaillarde. Ils échangent, se rapprochent, s’embrassent. « On s’est fait un smack », précise-t-il. Rien d’exceptionnel, dit-il, une interaction spontanée, presque anodine.

Ils décident de rester ensemble. Ils marchent, discutent, vont chercher à manger. Puis, selon lui, l’idée de rentrer chez lui s’impose naturellement. Elle accepte. Arrivés à son domicile, à Beynat, la soirée continue dans une atmosphère qu’il décrit comme simple. Ils préparent le lit, elle lui demande un verre d’eau, ils fument une cigarette.

Puis vient le moment qu’il tente d’expliquer. L’accusé évoque une relation sexuelle consentie. Il insiste sur le fait que tout se serait déroulé « naturellement ». Mais au fil de son récit, le ton change.

Il décrit les positions, les gestes, avec une précision qui glace l’audience. Et soudain, la rupture. « C’est là que j’ai serré », dit-il.

Il parle d’un geste qu’il ne comprend pas lui-même. D’une pression exercée, sans intention, selon ses mots, de faire du mal. « Je ne sais pas pourquoi », répète-t-il. « J’ai serré trop fort. »

Il reconnaît également avoir porté un coup de poing pendant le rapport. À cet instant, selon lui, tout bascule. Il affirme avoir réalisé que Justine ne respirait plus. Il tente un massage cardiaque. Sans succès.

Et pourtant, il ne prévient personne. Il explique sa peur. La peur des conséquences, la panique. Alors, il s’assoit, fume une cigarette, et prend une décision.

Il transporte le corps.

Il le charge dans sa voiture, roule sans direction claire, jusqu’à un chemin isolé. Là encore, il hésite. Puis il repart chercher du matériel sur son exploitation : un engin pour creuser.

Il revient, creuse un trou, y dépose le corps, referme. Et rentre chez lui.

Un enchaînement d’actes qui laisse la cour suspendue entre sidération et incompréhension.

Quatre jours plus tard, le corps de Justine Vayrac est retrouvé. Un élément trouble encore davantage les faits : une ficelle bleue nouée autour de son cou. À la barre, Lucas Larivée affirme ne jamais avoir utilisé de ficelle, malgré les constatations des médecins légistes.

Une contradiction de plus dans un récit déjà fragile.

Aujourd’hui, chaque mot est scruté. Car derrière ce témoignage, il y a des zones d’ombre, des incohérences, et une question centrale : comment une soirée ordinaire a-t-elle pu dériver à ce point ?

Si l’accusé reconnaît être à l’origine de la mort, il nie toute préméditation.