C’était l’un des grands espoirs de ces derniers mois dans l’affaire Émile. Début mars, les deux juges d’instruction en charge du dossier avaient ordonné une vaste campagne de prélèvements ADN au Haut-Vernet, ce hameau des Alpes-de-Haute-Provence où le petit garçon de deux ans et demi avait disparu le 8 juillet 2023.
Habitants, vacanciers et personnes présentes dans le secteur au moment des faits avaient été invités à fournir un échantillon. Au total, 106 prélèvements ont été réalisés avec un objectif précis : comparer ces profils génétiques aux traces d’ADN inconnues et étrangères au cercle familial retrouvées sur les vêtements d’Émile après la découverte de ses ossements, en mars 2024.
Mais les résultats n’ont pas apporté le déclic espéré. Aucun des profils prélevés ne correspond aux traces retrouvées sur les affaires de l’enfant. Selon les éléments du rapport d’expertise transmis aux magistrats, cette campagne n’a donc fait émerger aucune nouvelle piste nécessitant, à ce stade, des investigations complémentaires directement liées à ces prélèvements.
Une déception dans un dossier où chaque nouvel élément est scruté avec attention. Pour autant, l’absence de correspondance ADN ne signifie pas que les enquêteurs se retrouvent dans une impasse.
Une source proche du dossier assure ainsi que « la piste intrafamiliale est toujours sur la table » et que plusieurs investigations restent en cours. Autrement dit, malgré ce résultat négatif, l’enquête demeure active et les différentes hypothèses continuent d’être examinées.
Les analyses génétiques avaient été confiées au laboratoire bordelais du professeur Christian Doutremepuich. Mais l’ADN n’est qu’une pièce parmi de nombreuses autres dans ce dossier particulièrement complexe.
Depuis la découverte des ossements d’Émile par une randonneuse, le 30 mars 2024, les expertises scientifiques ont en effet révélé plusieurs éléments troublants. Des traces de puces de volailles ainsi que des excréments de chauve-souris auraient notamment été identifiés sur les restes et les vêtements de l’enfant.
L’examen du crâne avait également mis en évidence un « traumatisme facial violent ». Autant d’indices qui ont amené les enquêteurs à s’interroger sur les circonstances exactes du décès mais aussi sur la possibilité que le corps du petit garçon ait été déplacé avant d’être retrouvé.
Autre volet toujours étudié : plusieurs lettres anonymes envoyées aux autorités ou à des membres de la famille d’Émile. Deux courriers en particulier retiennent l’attention des enquêteurs. Certains passages auraient laissé penser que leur auteur pourrait détenir des informations précises sur l’affaire.
Les analyses ADN pourraient désormais être utilisées d’une autre manière, notamment pour rechercher d’éventuels rapprochements entre ces courriers et certaines personnes déjà entendues ou prélevées dans le cadre de l’enquête.
Plus de trois ans après la disparition d’Émile, de nombreuses zones d’ombre demeurent donc. Si les 106 prélèvements ADN n’ont pas livré la réponse espérée, ils permettent au moins d’écarter certaines hypothèses.







