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A table avec Jean-Paul Virapoullé


«A la Table de 7 Mag», en partenariat avec le restaurant «Le Bistrot des Lilas», dirigé par Gilles Técher, et animée par Noor-Olivier Bassand, continue de plus belle…
Invité de la semaine, Jean-Paul Virapoullé.


- Publié le Vendredi 22 Novembre 2013 à 11:55

Gilles Técher, Jean-Paul Virapoullé, Nora Acaya, et Noor-Olivier Bassand
Gilles Técher, Jean-Paul Virapoullé, Nora Acaya, et Noor-Olivier Bassand

 


Jean-Paul Virapoullé,
Un visionnaire de la chose publique


 «JPV» pour les intimes. J’ai du mal, s’agissant de lui, à ne pas être partial, tant il vrai que je lui ai toujours voué, depuis ma prime enfance, une admiration sans limites. L’homme a aujourd’hui 69 ans, «l’année érotique» plaisante-t-il sans ambages! Que retenir de lui? D’abord et avant tout qu’il est incontestablement l’un des rares hommes politiques réunionnais à savoir prendre de la hauteur, à avoir la stature, la carrure et l’envergure d’un homme d’Etat digne de ce nom: brillant intellectuellement, vif et éloquent lorsque le sujet le passionne, frontal et brutal face à la médiocrité, déterminé et pugnace face à l’adversité. Compte tenu de ses qualités, il aurait pu, s’il l’avait voulu, finir sur les plus hautes marches du podium politique: Ministre de la République, commissaire européen, ou ambassadeur de France (poste qu’il a d’ailleurs refusé en son temps…). JPV n’a jamais vécu couché, pas plus qu’à plat ventre: il s’est toujours dressé avec courage et détermination face aux injustices, pour son pays, particulièrement contre le spectre hideux de l’autonomie, 

avec le soutien de son regretté frère le sénateur Louis Virapoullé (“Parrain” pour les puristes). 
Je vous propose de découvrir la face cachée de ce grand homme réunionnais, aujourd’hui pacifié avec lui-même, libre de tout engagement, toujours capable de NOUS surprendre, parce que prophétique et éminemment visionnaire de la chose publique: «Le dernier des grands seigneurs» aurait sans doute écrit de lui Miguel 
de Cervantès. 
Bonne lecture à tous!
NOB
 
 


Parcours : 
Age: 69: l’année érotique!
Né(e): 15 mars 1944    
Marié(e): Oui 
Enfants:  2 enfants, Jean-Marie, né en octobre 1969, 
et Laurent en novembre 1974 
Ecole élémentaire: Immaculée, puis Leconte de Lisle
Collège: Leconte de Lisle
Lycée: Minier à Aix-en-Provence
Diplômes: Diplôme de conseiller de gestion IGER 
(Institut de Gestion et d’Economie Rurale)
Profession actuelle: Apprenti retraité!
 

Vie privée : 
Vos relations et amis sont plutôt Aristo, 
Bobo ou populo: Populo!
 
Vous êtes pour ou contre?
La dépénalisation du cannabis? C’est un vrai problème de société 
qui mérite un débat apaisé et l’œil objectif des sommités scientifiques 
et des experts en matière de lutte contre le trafic de la drogue. 
C’est un problème d’une acuité telle qu’il met en péril la cohésion 
sociale des grandes métropoles. Il faut aller à la recherche d’une solution en tenant compte des expérimentations menées dans divers 
territoires à travers le monde. 
La vraie question ce n’est pas “est-on pour ou contre la dépénalisation du cannabis”, mais “comment réduire les trafics illicites de cannabis, d’armes et d’argent qui pourrissent la société moderne”. 
Malheureusement, personne n’a le début d’une réponse à cette question!  
Les distributeurs de fruits à l’école? Pour
La fessée? Moi j’en ai reçu et je m’en porte bien! Tous les matins, je prie pour mes parents…


Vie cachée : 
Le lieu où vous passez le plus de temps? Mon bureau
Si vous rencontrez Dieu, qu’aimeriez-vous qu’il vous dise? 
T’as fait beaucoup de bêtises, mais tu as beaucoup aimé les gens
Votre objet fétiche que vous emmenez partout avec vous? 
Mon chapelet 
Pire cauchemar, grosse hantise? Je n’ai pas de cauchemar… Quelle que soit la difficulté, je sais qu’on peut la surmonter si on le veut vraiment. Ma femme dit que je suis un optimiste né. Mais mon inquiétude se porte sur l’état de santé des gens que j’aime
La dernière fois que vous avez pleuré? 
En 2002, quand mon frère est mort
L’événement le plus marquant de votre vie? 
Probablement la mort de ma maman. Je ne m’en suis 
jamais remis… 
L’événement le plus heureux de votre vie? 
La naissance de mes deux fils
L’événement top de ces 10 dernières années: 
Mon élection au Sénat
L’événement flop de ces 10 dernières années
Mon échec au Sénat (injustifié!)
Né… Bras-Panon, 
Aimerait mourir… dans mon lit à Saint-André!

Vie intime, culture, vie quotidienne… 
Personnage historique préféré? 
De Gaulle; Ghandi; Martin Luther King
Trois Chanteurs ou compositeurs préférés: 
Amstrong, Edith Piaf et Ravi Sankar
Trois livres qui a marqué votre vie?
I Have a dream, Cette nuit la liberté et le livre qui a inspiré 
le film «Invictus» 
Voiture du moment: Audi A7 (je suis un amateur de voiture)   
Idéal masculin: L’idéal masculin serait plutôt le fruit d’une synthèse qu’une référence unique. Description d’un homme courageux qui, pour aller jusqu’au bout de sa conviction 
et marquer son identité, est prêt à tous les sacrifices. 
A l’opposé, le bobo suit la mode.
Idéal féminin: Je suis amoureux de l’art italien et des traditions de ce pays. Ma référence féminine est donc Sophia Loren. Au-delà de l’esthétique et des qualités artistiques, 
elle n’a pas sacrifié sa famille aux coutumes de la jet-set  
Expression créole favorite: «Si ou veu ou peu»; pour la petite histoire, en 2006, à la Salle des Fêtes de Saint-André, nous avions inauguré la cérémonie de remise de récompenses à tous ceux qui ont réussi en étant issus de familles très pauvres. La gravure de la médaille était «Si ou veu ou peu». En anglais «yes we can», et comme nous sommes espionnés par Obama… il nous a copié!
Fleur préférée: La rose
Animal de compagnie? J’avais un berger allemand 
qui est mort accidentellement lors d’un orage   
Destination de vacances préférée: La Mer Méditerranée 
et l’Adriatique 
Plat créole préféré: rougail saucisses
Autre plat favori: Massalé cabri
Boisson favorite: En n°1 l’eau, et en n°2 le vin 
Sportif préférée: 
J’en ai plusieurs! Teddy Riner (sympa); Marie-Josée Perec (statue grecque); Zidane (jusqu’au coup de tête). 
J’aime les athlètes qui participent aux championnats du monde! Sans oublier la natation…
Personnalité préférée: Que j’ai connu, Michel Debré 
Série TV culte: Le juge est une femme
Mot de la langue française le plus sexy: C’est surtout la tonalité de la diction qui donne le caractère sexy plutôt que le mot lui-même 
Mot de la langue anglaise le plus sexy: Love

Vous êtes plutôt… ou plutôt….?
Thé ou café? Café 
Ying ou yang? Moi je suis expansif: «Dans le désert, 
j’apprends à parler aux cactus»
Ping ou Pong? Les deux! En politique, il faut savoir encaisser
et envoyer…
Pepsi ou Coca? Ni l’un, ni l’autre
Mac Do ou Quick? Idem
Shop Suey ou bol renversé? Bol renversé
Peinture ou sculpture? Les deux
Slip ou caleçon? Caleçon  
Ciné ou théâtre? Ciné
String ou boxer? Boxer
Plage ou montagne? Plage
Pique-nique marmite ou table d’hôte? J’aime les deux. Tout dépend de ce qu’il y a dans la marmite Rendez-vous dimanche à l'Ermitage
Carte postale ou sms? SMS depuis que je sais les faire 
(ndlr: pendant l'interview, il a répondu à plusieurs SMS
 avec une dextérité et une rapidité étonnantes)
Bateau ou avion? Le bateau pour le loisir, et l’avion pour le travail
Sport collectif ou individuel? Individuel
Salé ou sucré? Salé
Fromage ou dessert? Fromage
Bar lounge ou boîte de nuit? Bar
Tapas ou barbecue? En Espagne, j’aime les tapas
 en dehors les barbecues  
Lève-tôt ou couche-tard? Lève-tôt et couche-tard
Mont-Blanc ou Dupont? 
Je n’aime pas les marques, car ce sont de purs produits de marketing, et les stylos ordinaires sont meilleurs!
Lancel ou Vuitton? 
J’achète plutôt bon marché, surtout qu’avec la mondialisation déloyale les marques font de l’exploitation de la main d’œuvre bon marché, et je n’aime pas ça
Homo ou hétéro? Hétéro
Droitier ou de gaucher? Droitier

Focus
La conviction en politique
Le vrai problème du siècle qui commence, c’est qu’après 
l’effondrement des repères ou des valeurs qui ont fondé 
les siècles précédents, la liberté, l’égalité, la fraternité… 
on vit dans un monde où la mondialisation déloyale a entraîné la cannibalisation du genre humain.
Hier, l’homme était un idéal, un but, un espoir. Aujourd’hui, l’homme est devenu un facteur d’ajustement structurel. 
Dans les comptes d’exploitation des grandes entreprises 
mondiales, qui vont toujours à la recherche de plus de profit 
et de moins de valorisation du capital humain, l’homme 
est un facteur d’ajustement structurel. Le facteur humain, qui est à la naissance même de la société, est devenu une charge d’exploitation.
Je suis un idéaliste, parfois peut-être sous des aspects un peu brutal ou rude, mais je suis fier d’être un idéaliste, et même 
si j’ai bientôt 70 ans et que je suis conscient qu’à moi tout seul je ne vais pas révolutionner le monde, je fais partie des utopistes qui pensent que l’Europe ne joue pas sa mission 
de terres des valeurs lorsqu’elle emboîte le pas de la mondialisation déloyale et financière. 
Et je dis que si les grandes nations qui forment l’Europe 
ne se retrouvent pas pour réorienter l’Europe du supermarché 
vers l’Europe des vraies valeurs, la référence de la moné-
tisation comme seule référence des relations humaines 
va entraîner:
- pas de réponse au problème de la surpopulation de la planète 
- pas de réponse au problème du changement climatique 
- pas de réponse au respect de la dignité humaine
 
Et donc, ça va entraîner des révolutions sur la planète que nul ne pourra contenir. Ceci explique le rôle de plus en plus important du terrorisme et de certaines mafias. On peut même dire que des mouvements ultranationalistes profitent de la disparition des repères idéologiques qui ont constitué à travers 
les siècles passés le ciment de notre société pour exacerber nos frustrations et faire exploser les valeurs de fraternité, 
de liberté et d'égalité.
Si l’homme n’est plus l’idéal de la vie et qu’il n’en est qu’un facteur comme le bois, le fer ou l’aluminium, je plains 
les générations futures, et je pense que le politique ne jouera plus le rôle qui est le sien. Il est en train de devenir le responsable du SAMU social, demain il sera le balayeur des cadavres.

Jean-Paul Virapoullé

A table avec Jean-Paul Virapoullé