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À Zaporijjia, les drones russes frappent désormais les civils


À quelques kilomètres du front, Zaporijjia voit son quotidien basculer un peu plus chaque semaine. Les drones FPV, autrefois utilisés principalement contre les militaires, ciblent désormais les habitants. Dans les hôpitaux, les médecins font face à un afflux de blessés civils, souvent gravement touchés.


Par A. Belize - Publié le Vendredi 10 Juillet 2026 à 06:00

Photo by Алесь Усцінаў
Photo by Алесь Усцінаў
À Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, la guerre ne se limite plus aux lignes de front. Les habitants vivent désormais sous la menace constante des drones FPV, ces petits appareils pilotés à distance et équipés d'explosifs, capables de frapper avec une précision redoutable. Depuis plusieurs semaines, ces engins sont utilisés pour viser des zones civiles, faisant de nouvelles victimes parmi la population.

Dans l'hôpital principal de la ville, situé à une vingtaine de kilomètres des combats, les équipes médicales voient arriver chaque jour davantage de patients. Les blessures sont parfois si sévères qu'elles dépassent celles observées chez certains soldats revenus du front.

À l'extérieur de l'établissement, des ouvriers installent des filets de protection destinés à limiter les effets des attaques aériennes. Une image devenue symbolique d'une ville qui tente de s'adapter à une menace omniprésente.

Parmi les patients figure Serghy, ancien professeur de physique. La veille, alors qu'il se rendait simplement au marché, il a été frappé par l'explosion d'un drone.

« C'était un jour tout à fait ordinaire. Les gens faisaient leurs courses, se promenaient. Puis il y a eu un éclair, une explosion, et j'ai vu le sang couler de ma main », raconte-t-il depuis son lit d'hôpital.

Pris en charge sur place par un policier qui lui a posé un garrot avant son transfert aux urgences, il confie avec résignation qu'il se trouvait simplement « au mauvais endroit, au mauvais moment ». Déjà déplacé après avoir fui son village, il n'imaginait pas que la guerre finirait par le rattraper jusque dans la ville où il pensait être davantage en sécurité.

Pour les médecins, l'évolution de la situation est particulièrement préoccupante. Volodymyr, chirurgien au sein du service de traumatologie, observe une hausse constante du nombre de victimes civiles.

« Nous recevons de plus en plus de blessés. Ce qui nous inquiète surtout, c'est qu'il s'agit de personnes âgées, de femmes et d'enfants », explique-t-il.

Selon lui, ces patients arrivent souvent dans un état critique, car contrairement aux militaires, ils ne disposent d'aucune protection individuelle susceptible d'atténuer les effets des explosions.

« Les soldats portent des casques et des gilets pare-balles. Les civils, eux, sont totalement exposés. Les blessures peuvent toucher n'importe quelle partie du corps et être d'une extrême gravité », souligne le médecin.