À l’heure où l’intelligence artificielle rédige des emails, résume des livres et répond à des millions de questions chaque jour, Wikipédia fait figure d’exception.
L’encyclopédie en ligne la plus consultée au monde a décidé de ne pas confier la rédaction ou la modification de ses contenus à l’IA. Une position assumée par Jimmy Wales, l’un de ses fondateurs, qui estime que les technologies actuelles ne sont pas suffisamment fiables pour intervenir directement sur les articles.
Selon lui, les intelligences artificielles génératives, aussi performantes soient-elles, restent sujettes à des erreurs parfois importantes. Elles peuvent inventer des informations, produire des affirmations inexactes ou même générer du contenu totalement déconnecté du sujet traité. Un phénomène désormais bien connu sous le nom d’« hallucination ».
Pour Wikipédia, dont la crédibilité repose sur la vérification des sources et le contrôle permanent de sa communauté de contributeurs, le risque est jugé trop élevé.
Si l’encyclopédie refuse de laisser l’IA écrire ses articles, elle ne tourne pas totalement le dos à cette technologie.
Jimmy Wales explique que certains outils pourraient être utilisés pour assister les équipes de bénévoles dans des tâches de veille ou de surveillance. L’objectif serait notamment d’identifier plus rapidement certains événements peu médiatisés qui pourraient passer inaperçus, comme la disparition d’un universitaire ou d’une personnalité scientifique peu connue du grand public.
L’intelligence artificielle serait alors un outil d’aide, mais jamais un rédacteur autonome.
La situation est d’autant plus paradoxale que Wikipédia a largement contribué au développement des intelligences artificielles actuelles.
Depuis plus de vingt ans, les millions d’articles publiés gratuitement par l’encyclopédie servent de matière première à de nombreux modèles d’IA. Des plateformes comme ChatGPT, Claude ou Gemini ont puisé dans cet immense réservoir de connaissances pour apprendre à comprendre le langage et structurer leurs réponses.
Autrement dit, les intelligences artificielles ont grandi en lisant Wikipédia.
Les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle sollicitent aujourd’hui les serveurs de Wikipédia à un rythme inédit, générant des millions de requêtes supplémentaires. Face à cette pression technique, la Fondation Wikimedia a choisi de demander une compensation financière à certains acteurs du secteur.
Plusieurs accords auraient déjà été conclus avec de grandes entreprises de l’IA, même si les montants restent confidentiels.
Jimmy Wales assure également que l’organisation n’hésite plus à restreindre l’accès aux acteurs qui ne respectent pas les règles établies.
De plus en plus d’utilisateurs préfèrent désormais poser directement leurs questions à un assistant conversationnel plutôt que de consulter une page Wikipédia. Une évolution qui a déjà un impact sur la fréquentation du site.
Selon la Fondation Wikimedia, le trafic humain a reculé de près de 8 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Une baisse notable, mais qui n’inquiète pas outre mesure Jimmy Wales.
Contrairement aux plateformes dépendantes de la publicité, Wikipédia fonctionne essentiellement grâce aux dons de ses utilisateurs. Son modèle économique repose donc moins sur le volume de visiteurs que sur la confiance de sa communauté.
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Actualité
Wikipédia face à l’IA : pourquoi l’encyclopédie la plus célèbre du monde refuse de lui confier sa plumeAlors que l’intelligence artificielle s’impose dans tous les secteurs, Wikipédia trace une ligne claire : pas question de laisser des robots rédiger ou modifier ses articles. Pour Jimmy Wales, cofondateur de l’encyclopédie collaborative, la fiabilité de l’information reste une affaire profondément humaine.Par A. Belize - Publié le Mercredi 24 Juin 2026 à 06:00
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