Deux mois après le lancement d’une revue nationale sans précédent, la justice française dévoile un premier bilan particulièrement important. Depuis le 8 juin, 924 personnes mises en cause dans des affaires de violences sexuelles sur mineurs ont été incarcérées, annonce le ministère de la Justice dans un communiqué publié mardi 28 juillet.
Ce nombre représente une progression de 134 % par rapport aux incarcérations enregistrées pour les mêmes faits durant la période équivalente de l’année précédente. Le ministère ne précise toutefois pas combien de ces placements correspondent à des détentions provisoires dans l’attente d’un procès, ni combien sont intervenus à la suite d’une condamnation.
Dans le même temps, 1 753 informations judiciaires ont été ouvertes pour des faits de violences sexuelles commises sur des enfants. Une augmentation de 271 % par rapport à la même période en 2025, qui témoigne de l’accélération soudaine du traitement de dossiers parfois restés en attente pendant plusieurs mois, voire davantage.
Cette mobilisation exceptionnelle avait été ordonnée au début du mois de juin par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, après la mort de Lyhanna. Le garde des Sceaux avait demandé aux magistrats et aux enquêteurs de reprendre l’ensemble des plaintes concernant des mineurs avant le 14 juillet.
Initialement, près de 70 000 procédures devaient être réexaminées. Le 15 juillet, le ministre avait finalement estimé à 88 000 le nombre de plaintes encore en attente de traitement. Parmi elles, près d’un millier de dossiers de pédocriminalité avaient alors été identifiés comme prioritaires.
Les premiers résultats dévoilés à la mi-juillet faisaient déjà état de 1 350 informations judiciaires ouvertes et de 675 personnes incarcérées. Deux semaines plus tard, ces chiffres ont donc continué à progresser, révélant l’ampleur de cette reprise nationale des procédures.
Gérald Darmanin a salué le travail réalisé dans des délais particulièrement courts par les magistrats, les personnels des greffes, les attachés de justice et l’ensemble des professionnels mobilisés. Une opération d’autant plus délicate qu’elle concerne des dossiers sensibles, nécessitant des investigations rigoureuses et une attention particulière à la parole des victimes mineures.
Le ministre affirme également avoir reçu individuellement les 36 procureurs généraux afin d’analyser les premiers enseignements de cette revue. Une réunion réunissant l’ensemble de ces responsables est prévue le 3 septembre pour prolonger cette mobilisation.
Les procureurs de la République seront ensuite reçus progressivement, ressort judiciaire par ressort judiciaire, d’ici à la fin du mois d’octobre. L’objectif affiché est désormais d’inscrire cette accélération dans la durée et d’éviter que des milliers de plaintes concernant des enfants ne restent à nouveau sans réponse judiciaire.
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Violences sexuelles sur mineurs : plus de 900 personnes incarcérées après le réexamen national des plaintesLancée après la mort de Lyhanna, la vaste opération de révision des procédures concernant les violences sexuelles faites aux enfants commence à produire ses premiers effets. Depuis le 8 juin, 924 personnes ont été incarcérées et plus de 1 700 informations judiciaires ont été ouvertes, selon le ministère de la Justice.Par A. Belize - Publié le Vendredi 31 Juillet 2026 à 11:00
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