Dans une salle d’audience à Saint-Hyacinthe, le silence est lourd. Un homme de 38 ans vient d’être condamné à dix ans de prison pour des faits répétés de violences conjugales. Une peine sévère, à la hauteur des actes décrits. Mais ce n’est pas la durée de l’incarcération qui marque les esprits. C’est ce qui l’accompagne.
Le juge Christian Jarry ne se contente pas de sanctionner. Il cherche à prévenir. Face à un profil jugé particulièrement dangereux — jalousie extrême, comportements possessifs, dépendance aux drogues — il propose une mesure radicale : interdire à cet homme toute relation amoureuse pendant l’intégralité de sa peine, même en cas de libération conditionnelle.
Une idée qui dérange autant qu’elle interpelle. Car derrière cette proposition, il y a un constat accablant. Au fil de plusieurs relations, toutes décrites comme “significatives”, la violence s’est répétée. Coups, menaces, contrôle permanent… un cycle qui n’a jamais vraiment été brisé. Les témoignages évoquent un quotidien sous tension, une peur constante, et des séquelles profondes, bien au-delà du physique.
Dans sa décision, le juge ne laisse aucune place au doute. Il parle d’un enchaînement de violences multiples, répétées, systématiques. Une mécanique destructrice, qui aurait laissé les victimes profondément marquées. Certaines ont tenté de fuir, de reconstruire, de se protéger. Mais même après les faits, la pression n’aurait pas cessé.
Depuis sa détention, l’homme aurait tenté d’influencer une plaignante pour qu’elle retire sa plainte. Des proches seraient même intervenus, allant jusqu’à proposer de l’argent en échange du silence. Une démarche qualifiée de profondément choquante par la justice.
C’est dans ce contexte que la question de la protection prend toute son ampleur. Interdire toute relation intime, ou à défaut obliger à signaler chaque nouvelle liaison pour informer la partenaire des antécédents : la justice explore des pistes inédites. L’objectif est clair : éviter que l’histoire ne se répète.
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Actualité
Violences conjugales : une décision judiciaire inédite qui interroge sur les limites de la protectionAu Canada, une décision judiciaire bouscule les lignes. Après une condamnation lourde pour violences conjugales, un juge propose une mesure inédite : empêcher un homme de nouer toute relation amoureuse pendant sa peine.Par A. Belize - Publié le Jeudi 30 Avril 2026 à 06:00
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