7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

[VECU] Burn-out maternel : « Je les aime plus que tout… mais... »


On parle beaucoup de burn-out professionnel. Beaucoup moins du burn-out maternel. Pourtant, il touche de nombreuses femmes, souvent en silence, derrière des sourires fatigués et des plannings millimétrés. Sophie, qui aujourd'hui va beaucoup mieux, raconte son burn-out de maman.


Par Chloé Grondin - Publié le Mercredi 4 Mars 2026 à 15:28

À 39 ans, mère de trois enfants de 18 mois, 4 et 7 ans, Sophie* ne pensait pas pouvoir un jour associer maternité et épuisement extrême. Mère au foyer par choix, elle n'a pas vu le mur lui arriver dessus.. « J’ai toujours voulu être maman. Mes enfants, je les ai désirés. Alors pour moi, ce que je vivais ne pouvait pas être un burn-out. Je me disais que j’étais juste fatiguée. »

Au fil des mois, la lassitude s’installe. Pas seulement physique, mais mentale. Sophie gère tout : l’école, les devoirs, les rendez-vous médicaux, les courses, l’organisation des anniversaires, les nuits hachées, les imprévus. « Même quand je me couchais, je pensais encore aux baskets à racheter, au cahier à signer, au message de la maîtresse. Mon cerveau ne s’arrêtait jamais. »

La charge mentale devient permanente. Les moments de répit inexistants. Elle ne dort plus vraiment, elle « tombe de fatigue ». L’irritabilité remplace la patience. Les pleurs se font en cachette, dans la salle de bain.

Un matin, un simple chocolat chaud renversé provoque une explosion de colère. « C’était disproportionné. Ma fille m’a regardée avec peur. Et là, j’ai eu peur de moi. » Dans sa voiture, quelques minutes plus tard, Sophie tape sur son téléphone : “épuisement maman”. Les mots “burn-out maternel” apparaissent. « J’ai ressenti de la honte. Mais aussi un immense soulagement. Ce que je vivais avait un nom. »

L’amour ne protège pas de l’épuisement
Le burn-out maternel ne signifie pas absence d’amour. Au contraire. « Je les aime plus que tout. Mais j’étais vidée.Complètement vidée. »
Le plus difficile à supporter reste la culpabilité : vouloir être seule quelques heures, rêver d’un week-end sans enfants, ne plus ressentir de joie spontanée. Dans l’imaginaire collectif, une “bonne mère” gère tout, sans faillir.
C’est en consultant son médecin que Sophie met enfin des mots sur son état. Elle en parle ensuite à son mari, puis à une amie. Les larmes sortent avec une phrase simple : « Je n’y arrive plus. »

Le couple réorganise le quotidien. Les tâches sont redistribuées. Les exigences baissent. « J’ai arrêté de vouloir être parfaite. La maison peut être en désordre. Les goûters peuvent être simples. ». Sophie s’accorde aussi du temps personnel : une heure de sport par semaine minimum, un café seule, des moments sans sollicitation.

Le burn-out maternel reste peu évoqué, alors qu’il toucherait de nombreuses femmes confrontées à une accumulation de responsabilités, souvent invisibles. Pression sociale, idéalisation de la maternité, isolement… les facteurs sont multiples. Aujourd’hui, Sophie va mieux. « Je ne suis pas une mère parfaite. Mais je suis redevenue moi. » Son message est simple : « On peut aimer ses enfants et être épuisée. Demander de l’aide ne fait pas de nous une mauvaise mère. »

*prénom modifié