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[TEMOIGNAGE] "Une simple manucure… et un cauchemar qui dure depuis des mois"


Ida* a la quarantaine. Cette jolie métisse est active, coquette, sportive et comme beaucoup de femmes aime prendre soin d'elle. La manucure, pour elle, était un petit luxe, un moment à elle entre le travail et la maison. Jamais elle n’aurait imaginé qu’un rendez-vous banal dans un institut qu'elle fréquentait régulièrement puisse bouleverser son quotidien.

*Prénoms d'emprunt


Par Chloé Grondin - Publié le Mercredi 25 Février 2026 à 14:19

Ida est toujours pimpante et la voir en savates, les ongles de pieds non manucurés est étonnant pour ceux qui la connaissent... Idem ses ongles de mains au vernis impeccable, parfois très original, ne sont plus d'actualité. Que s'est-il passé? Avec un petit sourire triste, elle confesse cette manucure qui a tourné au cauchemar : " Tout a commencé il y a un an et demi mois. J’avais les ongles un peu fragilisés, alors j’ai décidé de me faire poser des capsules. Mon esthéticienne m'a assuré que cela n'abimerait pas mes ongles, qu'au contraire il allait pousser dessous. Le salon est propre, je le fréquente depuis longtemps rien ne m’a alertée. Et c'était parti pour la pose de capsules fixées avec du gel et un vernis semi permanent pour mes pieds. Un magnifique vert amande que j'ai porté pendant un peu plus de 3 semaines... Ravie !

En allant faire enlever le vernis, j’ai remarqué qu’un de mes ongles avait jauni. L'esthéticienne m'a rassurée et dit que cela allait se résorber. J'ai alors choisi de laisser mes ongles nus pour qu'ils respirent. Mais au bout d'une dizaine de jours j'ai constaté que mon ongle du pouce de l'orteil gauche était plus épais, légèrement décollé sur le côté. J’ai d’abord pensé que c’était dû aux produits. Puis un deuxième ongle a commencé à changer d’aspect. Là, j’ai compris que quelque chose n’allait pas.

Le diagnostic est tombé en allant voir un dermatologue : mycose de l’ongle. Une infection fongique, apparemment fréquente après des poses de faux ongles ou de vernis semi-permanent, surtout si le matériel n’est pas parfaitement stérilisé ou si l’ongle est fragilisé. J’étais choquée. Moi qui faisais attention à tout…

J’ai commencé un traitement local. Vernis antifongique tous les soirs, limage minutieux, désinfection. Pendant des semaines. Puis des mois. L’ongle poussait lentement, mais la partie atteinte mettait un temps interminable à disparaître. Entre-temps, un troisième doigt a été touché.

Le plus difficile, ce n’est pas la douleur – car il n’y en a pas – c’est le regard des autres et le dégoût que l’on ressent soi-même. J’ai arrêté de mettre du vernis. J’ai arrêté les rendez-vous à l’institut. J’ai caché mes mains, mes pieds car tous mes ongles ont été atteints. Moi qui aimais tant avoir les mains soignées, je les trouvais laides."


Ida reprend : " On ne parle pas assez de ces infections. On pense que ce sont des petits désagréments sans gravité. Mais quand ça dure, quand le traitement oral est évoqué avec ses effets secondaires possibles, quand on vous explique que la guérison complète peut prendre un an… c’est décourageant. Cela fait 18 mois pour mois et enfin je commence à reprendre espoir.

Aujourd’hui encore, je ne suis pas totalement débarrassée de cette mycose. Je poursuis le traitement avec patience. J’ai appris à désinfecter mes propres instruments, à laisser mes ongles respirer, à poser des questions sur la stérilisation du matériel.

Si je témoigne, c’est pour dire aux autres femmes : soyez vigilantes. Un institut propre en apparence ne garantit pas tout. Et si vous remarquez le moindre changement d’aspect sur un ongle après une manucure, consultez rapidement.

Je voulais juste de jolies mains, de jolis pieds pour me sentir bien. Je me retrouve avec une leçon d’humilité… et une patience que je n’aurais jamais cru devoir développer pour de simples ongles 
".