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Soumission chimique : quinze ans de prison pour un homme accusé d’avoir transformé sa compagne en victime silencieuse


Jugé pour avoir drogué et violé sa compagne durant plusieurs années, un homme de 39 ans a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour criminelle du Rhône.


Par A. Belize - Publié le Samedi 13 Juin 2026 à 11:00

Photo by KATRIN  BOLOVTSOVA
Photo by KATRIN BOLOVTSOVA

Le verdict est tombé vendredi 12 juin. Un ancien garde du corps de 39 ans a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour avoir drogué, agressé sexuellement et violé sa compagne sur une longue période. Une peine supérieure aux réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé douze années d'emprisonnement.

L'affaire a bouleversé l'audience par la gravité des faits reprochés à l'accusé. Selon les éléments examinés par la cour, l'homme aurait filmé ses agressions et conservé de nombreuses images de sa compagne à son insu entre 2015 et son arrestation en 2023. Les enquêteurs ont également découvert des clichés dérobés ainsi que plusieurs enregistrements montrant des scènes de violences sexuelles commises alors que la victime était dans un état d'extrême vulnérabilité.

Âgée de 40 ans et mère de son enfant, la victime a été décrite par son avocate comme une femme privée de toute considération humaine.

Durant le procès, les parties civiles ont dénoncé une emprise progressive et une objectification totale de cette commerçante, présentée comme ayant été réduite au rang d'objet au fil des années.

Les audiences ont notamment été marquées par la diffusion de vidéos particulièrement difficiles à regarder. Les images montrent la victime inerte tandis que l'accusé se livre à des agressions sexuelles accompagnées de propos humiliants et dégradants.

Pour l'accusation, le dossier illustre le passage d'un univers fantasmatique à des actes criminels répétés et assumés.

L'avocat général a décrit un comportement prédateur et particulièrement calculé, réclamant également un suivi sociojudiciaire renforcé ainsi qu'une privation de certains droits civiques à l'issue de la peine.

L'affaire a également révélé un élément qui a retenu l'attention des enquêteurs : des échanges retrouvés entre l'accusé et Dominique Pelicot.

Dans plusieurs conversations en ligne versées au dossier, ce dernier prodiguerait des conseils à son interlocuteur sur ses pratiques. Selon l'accusation, Dominique Pelicot y apparaît comme une figure de référence dont les recommandations étaient suivies de près.

L'homme condamné aurait même envisagé d'organiser une rencontre afin que celui-ci puisse participer lui-même aux faits.

À l'inverse, la défense a plaidé pour une peine plus clémente. Son avocat a insisté sur la possibilité d'une réinsertion future, estimant que son client méritait une seconde chance malgré la gravité des accusations retenues contre lui.

La cour a finalement choisi de prononcer une peine de quinze ans de réclusion criminelle, considérant la nature des faits, leur répétition et leurs conséquences sur la victime.