7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

Patrick Bruel visé par huit témoignages : une affaire qui relance les questions autour de la parole des femmes


Huit femmes, deux plaintes, des faits présumés qui s’étendent sur près de trente ans. L’enquête publiée par Mediapart sur Patrick Bruel fait l’effet d’un choc et ravive un débat toujours sensible : celui de la libération de la parole face à des accusations graves, et du temps qu’il faut parfois pour les exprimer.


Par A. Belize - Publié le Samedi 21 Mars 2026 à 06:00

L’affaire secoue une nouvelle fois le monde médiatique et artistique.

Selon une enquête publiée le 18 mars, huit femmes accusent Patrick Bruel de violences sexuelles, pour des faits présumés qui se seraient déroulés entre 1992 et 2019. Parmi elles, deux ont décidé de porter plainte.

L’une des plaignantes, aujourd’hui dirigeante dans le secteur du cinéma, décrit une scène qui se serait déroulée à la fin des années 1990, dans un contexte professionnel. Elle évoque un moment de sidération, une situation soudaine, difficile à comprendre sur l’instant.

Comme souvent dans ce type de témoignage, le récit s’accompagne d’un détail marquant : le silence qui suit.

« Cette histoire est restée enfouie pendant des années », explique-t-elle. Il aura fallu attendre la vague #MeToo pour qu’elle se sente en mesure de mettre des mots sur ce qu’elle dit avoir vécu.

Une autre plainte, déposée plus récemment, a conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les faits évoqués remonteraient à 2012, dans le cadre d’un festival.

Au-delà de ces deux procédures, l’enquête rassemble les témoignages de plusieurs femmes issues de milieux différents — presse, cinéma, musique, sport — qui décrivent des situations similaires, souvent dans des contextes professionnels où elles se trouvaient en position plus vulnérable.

Certaines évoquent des gestes imposés, d’autres des tentatives de rapprochement non consenties. Dans plusieurs récits, une même idée revient : celle d’un rapport déséquilibré, où la notoriété joue un rôle implicite.

Certains témoignages remontent également à des faits très anciens, impliquant des femmes qui étaient mineures au moment des faits présumés.

Face à ces accusations, Patrick Bruel conteste fermement. Par la voix de son avocat, il affirme n’avoir « jamais forcé un geste ni outrepassé un refus », tout en déclarant ne pas remettre en cause le ressenti exprimé par ces femmes.

Ce n’est pas la première fois que son nom est évoqué dans ce contexte. En 2019, plusieurs témoignages avaient déjà été rendus publics, donnant lieu à une enquête finalement classée sans suite faute d’éléments suffisants.