Les images donnent la mesure du désastre. Une immense vague brune dévale la montagne, engloutit les routes et emporte tout sur son passage. Sur une vidéo de surveillance enregistrée du côté chinois, un bâtiment de plusieurs étages disparaît en quelques secondes tandis que des personnes tentent désespérément de fuir.
Mercredi matin, un torrent mêlant eau, boue, roches et débris aurait déferlé à près de 150 km/h de part et d’autre de la frontière entre le Népal et le Tibet. Côté népalais, plusieurs localités des vallées de la Trishuli, au nord de Katmandou, et de la Bhotekoshi, à l’est de la capitale, ont été frappées.
Jeudi, la police népalaise faisait état d’au moins 270 morts. Trois autres décès ont été annoncés au Tibet par les autorités chinoises, portant le bilan provisoire à 273 victimes. Un chiffre qui pourrait malheureusement encore augmenter : plus de 1 300 personnes restent introuvables et les opérations de secours se poursuivent dans des conditions particulièrement difficiles.
La catastrophe frappe une région de l’Himalaya très fréquentée par les voyageurs, les alpinistes et les pèlerins. Parmi les personnes portées disparues figureraient 127 voyageurs népalais et 517 touristes étrangers, selon le bureau népalais du tourisme. Quatre Français apparaîtraient dans ce décompte, même si ce chiffre n’a pas été confirmé par le ministère français des Affaires étrangères. Mercredi soir, celui-ci indiquait que 80 ressortissants français avaient signalé leur présence au Népal au moment de la catastrophe.
Des ressortissants indiens, américains, ukrainiens, malaisiens, britanniques, canadiens, australiens ou encore israéliens figurent également parmi les personnes recherchées.
Cette forte présence internationale n’a rien d’étonnant. Le secteur constitue un important corridor touristique entre Katmandou et le Tibet. Les circuits vers Lhassa et l’Everest y transitent, tout comme les pèlerinages vers le mont Kailash et le lac Manasarovar, deux lieux particulièrement sacrés. Cette année, l’affluence serait d’ailleurs exceptionnelle, notamment parmi les pèlerins indiens.
Après les premières heures de confusion, l’origine du phénomène commence à se préciser. Alors que les autorités chinoises évoquaient initialement un glissement de terrain et les autorités népalaises des inondations, l’Institut d’études géologiques des États-Unis a annoncé jeudi que la catastrophe avait été provoquée par l’effondrement d’un glacier.
Un événement enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 aurait en réalité correspondu à cet effondrement massif, suivi d’une coulée de débris aux conséquences catastrophiques en aval.
Le phénomène est aussi spectaculaire que redoutable. Lorsqu’une importante quantité de glace s’effondre dans une vallée, elle peut fondre et libérer brutalement un immense volume d’eau. Mélangée aux roches, à la terre et aux sédiments arrachés sur son passage, cette masse se transforme alors en ce que les spécialistes appellent une « lave torrentielle ».
Et derrière cette catastrophe se pose inévitablement la question du changement climatique. Pour le glaciologue du CNRS Étienne Berthier, son implication est « probable ». La hausse des températures accélère en effet la fonte des glaciers mais aussi celle du permafrost, cette glace présente dans les sols et les parois rocheuses qui contribue à stabiliser les montagnes. En disparaissant, elle fragilise davantage des reliefs déjà soumis à des conditions extrêmes.
Face à l’ampleur du drame, la mobilisation internationale commence à s’organiser. Les États-Unis ont annoncé une aide de 500 000 dollars destinée notamment à fournir des abris d’urgence, de l’eau et des produits de première nécessité aux populations sinistrées.
Les Nations unies ont également mobilisé du personnel et des fournitures humanitaires. De son côté, l’Union européenne a activé le programme d’observation Copernicus afin de cartographier les zones touchées et faciliter l’intervention des secours, tout en se disant prête à débloquer une aide supplémentaire.
Le Dalaï-lama a lui aussi adressé ses condoléances aux familles endeuillées et appelé à prendre des mesures permettant d’éviter de nouvelles tragédies.
Mais dans les vallées dévastées de l’Himalaya, l’urgence reste désormais de retrouver les disparus. Plus de 24 heures après le passage du torrent, des centaines de familles attendent toujours un appel, un message ou simplement un signe de vie.
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Actualité
Népal et Tibet : un torrent de boue dévaste l’Himalaya, au moins 273 morts et plus de 1 300 disparusEn quelques secondes, des vallées entières ont été balayées par une masse d’eau, de boue et de débris lancée à une vitesse vertigineuse. Mercredi 26 août, une catastrophe d’une violence exceptionnelle a frappé la frontière entre le Népal et le Tibet. Au moins 273 personnes ont perdu la vie et plus de 1 300 sont toujours portées disparues, parmi lesquelles plusieurs centaines de touristes étrangers. À l’origine du drame : l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya.Par A. Belize - Publié le Vendredi 28 Août 2026 à 06:00
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