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Portraits Créoles

Manu Ablancourt : la musculation, son addiction !


La musculation fait partie de sa vie. Pour Emmanuelle Ablancourt, la musculation est son bien être quotidien, son adrénaline, son addiction. Sa pratique intensive lui demande des sacrifices, qu'elle assume. Témoignage d'une passionnée qui n'est pas arrivée là par hasard !

Photos: YKS YAKUSA - @Studio974


Par Chloé Grondin - Publié le Mardi 2 Mars 2021 à 15:51 | Lu 2864 fois

Celle que tout le monde appelle Manu est une passionnée, tenace et positive. La musculation fait partie intégrante de sa vie, avec tous les sacrifices que cela peut imposer. La photo lui permet de voir son corps qu'elle sculpte au fil des ans.
J'étais sculptée comme un homme avec des épaules carrées
Comment en est-elle arrivée à ce stade d'implication dans cette pratique sportive? Tout a commencé dans le monde du travail, un environnement très masculin. Manu se remémore ses débuts en musculation :  " En 1996 j’ai fait le choix d’être dans une filière quasi 100% masculine, l’électronique. J’ai dû me retrouver tous les jours avec une trentaine d’hommes. Etant donné que le respect est primordial à mes yeux, je me suis mise à m’habiller comme les mecs et ainsi est venu mon goût pour la musculation. Avoir un petit côté masculin tout en restant féminine. C’est là que j’ai débuté. Quelques temps après je ne me sentais plus très femme, j’étais sculptée comme un homme avec des épaules carrées etc … J’ai donc abandonné, mais continué le sport tout en restant féminine et mince ".

 

Mais son passé et sa passion vont la rattraper...Cela fait plus 7 ans que Manu a repris la musculation et 4 ans qu'elle s'est mise aux compétition Bikini Fit.Son secret ? Elle confesse : " Il n’y a plus de place pour la négativité chez moi. Les obstacles je les affronte avec le sourire. Je ne m’entraine pas par obligation, je m’entraine parce que ça me fait du bien. La musculation est mon bien être quotidien, mon adrénaline, mon addiction "...

Pour y arriver, elle s'est entourée d'un coach professionnel. Depuis deux ans, elle se fait également suivre par un coach diplômé bodybuildeur. Manu avoue : " Je le remercie pour tous ses conseils, et je peux vous dire que c’est un énorme défi pour moi car je m’entraine toute seule. Je me dois d’être à la hauteur de ses attentes ainsi que des miennes". 
Je mange toutes les 3 heures
Un paramètre que l'on ne mesure pas forcément est la rigueur que doivent également s'imposer les athlètes au niveau de la diet. Le régime est très strict et impactant pour la vie sociale, ce qui peut perturber l'entourage des sportifs. Emmanuelle témoigne là encore : " Cette pratique demande autant de rigueur au niveau de la diet que sportivement. Je passe plus de 2h en salle de sport 6 jours sur 7. Le 7ème jour, je dois aller me ressourcer mais toujours en faisant mon sport dans la nature à la plage ou à la montagne.. Ainsi la nourriture est primordiale. Je mange toutes les 3 heures en fonction de mes besoins caloriques de la journée. Cela reste pour moi un plaisir, un mode de vie sain car je me sens beaucoup mieux dans ma peau autant physiquement que psychiquement ".

Les conséquences de ce mode de vie? Manu avoue être devenue très solitaire. Elle voit très peu sa famille et ses amis. Elle témoigne de cette incompréhension qu'elle soulève chez les autres : " Entre mon travail, ma maison et le sport mes journées sont très très courtes d’autant plus que la musculation demande également beaucoup repos. On me reproche d’ailleurs cet éloignement avec des questions telles que « tu ne viens plus aux soirées ? » ou si tu viens « pourquoi tu ne manges pas? ». 
Lorsqu'elle sort, la jeune femme prend toujours avec elle ses barquettes pesées pour se nourrir car " C’est un mode de vie pour moi et si je veux réussir je me dois également d'être au top de ma forme et les invitations je les décline. C’est un choix. Chacun est libre de vivre comme il le souhaite. Seuls ceux qui pratiquent ce sport en compétition le comprendront ".
 
J’ai eu énormément d’obstacles dans ma vie et me suis forgée une carapace
Avant de nous quitter, une dernière confession qui permettra sans doute à ceux qui seraient tentés de juger de comprendre : " Après il va sans dire que j’ai eu énormément d’obstacles dans ma vie... Mais, petit à petit, j’ai appris à vivre autrement et me suis forgée une carapace . Cela m’a permis d’avoir une force mentale et physique extrême. Ma force d’avancer vient bien des coups que j’encaisse et je n’abandonnerai jamais ".