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Le général Bertrand Soubelet en visite
Entre respect du gendarme et violence contre l’autorité


Après neuf jours passés dans l’île, le général Bertrand Soubelet, commandant des 4 000 gendarmes d’outre-mer, est reparti avec “beaucoup de nostalgie”. Bilan de sa visite à La Réunion, dernière escale de sa tournée ultramarine.


- Publié le Mardi 13 Octobre 2015 à 22:35

Le général Bertrand Soubelet, commandant de la Gendarmerie Nationale Outre-Mer
Le général Bertrand Soubelet, commandant de la Gendarmerie Nationale Outre-Mer
La Réunion compte 700 gendarmes auxquels il faut ajouter 100 gendarmes mobiles: “Heureusement qu’ils sont là, car la Gendarmerie Nationale est en sous-effectif ici où on compte un gendarme pour 1 500 habitants alors qu’en métropole il y a un gendarme pour 1 000 habitants” dit le général Bertrand Soubelet.
 
Le commandant de la Gendarmerie d’Outre-mer a fait le tour des trois compagnies locales et a pu mesurer l’étendue des besoins, humains, matériels et immobiliers: “La charge de travail est conséquente, la situation est tendue au niveau opérationnel” a-t-il constaté sur le terrain. “Les gendarmes sont très engagés, ils sont souvent le dernier rempart pour la population, mais ils ne sont pas calibrés pour certaines missions”.
 
Un personnel heureux mais des gendarmes mal logés
 
Bertrand Soubelet a toutefois rencontré un personnel heureux d’être là, “je comprends, votre île est fabuleuse, et j’y reviendrai d'ailleurs en vacances avec mon épouse…” La Gendarmerie Nationale à La Réunion compte 40% de fonctionnaires originaires de l’île ce dont se félicite le général: “La Gendarmerie doit ressembler à sa population, les clés de compréhension en sont facilités. Et le maillage avec ceux qui viennent de l’extérieur est nécessaire”.  
 
Concernant les locaux occupés par la Gendarmerie Nationale dans l’île, le général estime que les gendarmes ne peuvent pas supporter de mauvaises conditions de travail en citant notamment Saint-Gilles et Le Tampon: “Par ailleurs, on ne peut pas loger les familles des gendarmes dans des logements de niveau inférieur à celui de logements sociaux. Tout est hélas question de budget… En revanche, il y a ici un plateau technique et scientifique de haut niveau, une référence dans l’Océan Indien”.
 
Des violences inacceptables contre l’autorité
 
Le général Bertrand Soubelet a bien évidemment abordé le sujet de la délinquance, “pas plus élevée que dans les autres DOM-TOM”, concernant surtout des délits d’appropriation et des atteintes à l’intégrité physique, en majorité des violences intra-familiales: “Malgré un respect du gendarme qu’on ne trouve pas dans les autres DOM, on découvre quand même une violence nouvelle avec des comportements irrespectueux envers l’autorité de la part d’une population jeune, et souvent venue de l’extérieur. Les gendarmes sont plus pris à partie, et comme je le redis, il faudra augmenter les effectifs afin de contenir cette délinquance”.
 
De retour à Paris, le général Bertrand Soubelet va remettre un rapport circonstancié sur la situation réunionnaise, en espérant que des mesures concrètes soient prises en faveur des gendarmes de l’île.
A.P.
 

Le colonel Luc Auffret, commandant de la Gendarmerie Nationale à La Réunion, et le général Bertrand Soubelet
Le colonel Luc Auffret, commandant de la Gendarmerie Nationale à La Réunion, et le général Bertrand Soubelet