7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

Incendies volontaires : qui sont les personnes interpellées depuis le début de l'été ?


Alors que les incendies continuent de ravager de vastes territoires en France, les enquêteurs multiplient les interpellations pour identifier les auteurs présumés des départs de feu. Jeunes adultes, mineurs, personnes souffrant d'addictions ou de troubles psychiatriques… Les premiers dossiers judiciaires révèlent des profils très variés, loin des idées reçues sur les incendiaires.


Par A. Belize - Publié le Vendredi 31 Juillet 2026 à 06:00

Photo by K
Photo by K

Depuis le début du mois de juillet, la lutte contre les incendies se joue aussi devant les tribunaux. Selon le ministre de l'Intérieur, 184 personnes ont été interpellées pour des départs de feu depuis le 6 juillet. Plusieurs procédures ont déjà abouti à des condamnations, tandis que d'autres suspects restent en détention provisoire dans l'attente de leur procès.

Parmi les affaires les plus récentes figure celle d'un homme de 23 ans, soupçonné d'être à l'origine de plusieurs incendies de végétation dans le Var. Mis en examen pour destruction par incendie, il a été placé en détention provisoire. L'enquête se poursuit et les autorités restent particulièrement discrètes afin de préserver son bon déroulement.

Au fil des procédures engagées ces dernières semaines, un constat s'impose : il n'existe pas de profil unique des personnes mises en cause.

Plusieurs dossiers concernent des hommes confrontés à des difficultés psychologiques ou à des addictions. Dans les Vosges, un quadragénaire a été condamné après avoir reconnu avoir allumé plusieurs départs de feu alors qu'il vivait isolé en forêt pour tenter de se sevrer de sa consommation de stupéfiants. Les experts psychiatres ont relevé chez lui une fascination pour le feu, sans retenir pour autant un diagnostic de pyromanie.

Les spécialistes rappellent d'ailleurs que cette pathologie psychiatrique demeure extrêmement rare. Contrairement aux idées largement répandues, la majorité des personnes poursuivies pour des incendies volontaires ne répondent pas aux critères médicaux permettant d'établir un tel diagnostic.

D'autres affaires mettent en lumière des troubles psychiatriques ou neurologiques associés à une altération du discernement. Dans les Pyrénées-Orientales, un homme atteint d'autisme et souffrant d'alcoolisme a été condamné après avoir provoqué un incendie de végétation. En Normandie, un quinquagénaire atteint de schizophrénie a lui aussi écopé d'une peine de prison après avoir reconnu plusieurs départs de feu. Selon les décisions de justice, leur responsabilité pénale a été examinée au regard de leur état psychique au moment des faits.

L'alcool apparaît également dans plusieurs dossiers instruits cet été, les magistrats estimant parfois qu'il a pu contribuer au passage à l'acte.

Autre tendance observée : la jeunesse de nombreux suspects. Plusieurs personnes mises en cause n'ont qu'une vingtaine d'années, voire tout juste 18 ans. Certaines sont poursuivies pour des actes volontaires, d'autres pour des départs de feu accidentels ayant eu de lourdes conséquences.

Dans l'incendie qui a ravagé plus de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau, quatre personnes ont ainsi été mises en examen. Deux ouvriers sont soupçonnés d'avoir provoqué involontairement le sinistre, tandis qu'un étudiant en droit et un sapeur-pompier volontaire de 18 ans sont accusés d'avoir allumé délibérément deux foyers distincts. Tous deux ont été placés en détention provisoire.

Le profil de pompier volontaire apparaît ponctuellement dans plusieurs enquêtes, même s'il reste très minoritaire. En Vendée, un autre sapeur-pompier volontaire a été condamné pour plusieurs incendies volontaires et interdit définitivement d'exercer cette fonction.

Les mineurs figurent également parmi les personnes poursuivies. Dans le Var, un adolescent de 15 ans a reconnu avoir provoqué un premier incendie avec une cigarette mal éteinte avant d'allumer, le lendemain, un second départ de feu à l'aide d'un briquet. Présenté à un juge des enfants, il devra suivre des soins en attendant son procès.

Des procédures similaires concernent d'autres adolescents, notamment en Gironde et en Ardèche. Selon les cas, ils ont été placés sous contrôle judiciaire ou incarcérés dans l'attente de leur jugement, avec parfois une obligation de prise en charge psychologique.

Malgré ces premiers éléments, les autorités soulignent qu'il est encore trop tôt pour dresser un portrait précis des 184 personnes interpellées. Les enquêtes se poursuivent partout en France et devront permettre de mieux comprendre les circonstances de chaque départ de feu, qu'il soit volontaire, accidentel ou lié à un contexte psychologique particulier.