À Crans-Montana, l’incendie survenu lors de la nuit du Nouvel An continue de hanter les esprits. Quatre mois après la tragédie, les familles des victimes viennent de découvrir des vidéos captées par les caméras de surveillance présentes dans l’établissement.
Quatorze angles différents, autant de fragments d’une nuit qui a basculé.
Pour les proches, ce visionnage marque une étape douloureuse. Revoir les derniers instants, comprendre ce qui s’est réellement passé, tenter de mettre du sens sur l’incompréhensible. Mais aussi, faire face à des images décrites comme extrêmement difficiles.
Au centre de ces nouvelles révélations, une figure : Jessica Moretti. Déjà mise en cause dans l’enquête, elle apparaît sur plusieurs séquences. Selon les avocats des familles, les vidéos montreraient son implication dans l’allumage de dispositifs lumineux à l’origine du départ de feu.
Les images captent les premières secondes de confusion, les flammes qui se propagent, les réactions désordonnées. Et au milieu de ce chaos, un mouvement qui interpelle : celui d’une fuite rapide, décrite comme précipitée, sans alerte donnée aux personnes présentes.
Certains témoignages évoquent une scène de bousculade, des jeunes massés dans un espace restreint, tentant de comprendre ce qui se passe. Pendant ce temps, l’établissement continue d’accueillir des clients, sans que le danger ne soit immédiatement signalé.
Pour les familles, ces éléments renforcent un sentiment déjà présent : celui d’un manque d’anticipation, d’une réaction jugée insuffisante face à l’urgence.
Les images montreraient également des gestes qui interrogent. Une montée rapide vers la sortie, une mise à l’abri personnelle, alors que d’autres restent bloqués à l’intérieur. Autant de détails qui, aujourd’hui, alimentent les interrogations et les accusations.
Du côté de la défense, la version reste différente. Jessica Moretti a expliqué aux enquêteurs avoir voulu donner l’alerte en priorité, pensant que les personnes présentes la suivraient naturellement vers la sortie. Une perception qui, si elle est confirmée, pourrait traduire une mauvaise évaluation de la situation plutôt qu’une volonté d’abandon.
Mais pour les proches des victimes, ces images ne sont pas seulement des éléments d’enquête. Elles sont un choc.
Elles ravivent les souvenirs, les dernières secondes, les incompréhensions. Elles confrontent à une réalité brute, difficile à accepter.
Aujourd’hui, la justice poursuit son travail. Jessica et Jacques Moretti sont mis en examen pour homicide et blessures involontaires, ainsi que pour incendie par négligence. Les investigations devront désormais déterminer précisément les responsabilités.







