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Harald V : le roi de Norvège s’éteint à 89 ans après plus de trois décennies de règne


Après trente-cinq années passées sur le trône, Harald V est mort ce vendredi 28 août à l’âge de 89 ans. Hospitalisé depuis plusieurs jours, le souverain avait vu son état de santé se dégrader rapidement. Figure particulièrement populaire de la monarchie norvégienne et doyen des souverains européens, il laisse désormais la couronne à son fils, le prince Haakon.


Par A. Belize - Publié le Samedi 29 Août 2026 à 06:00

Harald V - Facebook
Harald V - Facebook

La Norvège perd celui qui incarnait sa monarchie depuis plus de trois décennies. Le roi Harald V est mort vendredi 28 août à l’âge de 89 ans, a annoncé le Palais royal norvégien.

Le souverain s’est éteint à 6h35 au Rikshospitalet, l’hôpital national d’Oslo, où il était pris en charge depuis le 17 août. Dans son communiqué, la famille royale précise qu’il est mort « paisiblement ».

Depuis la veille, l’inquiétude entourant son état de santé s’était intensifiée. Atteint d’une anémie hémolytique, une maladie provoquant une destruction anormalement rapide des globules rouges, Harald V souffrait de complications ayant nécessité son hospitalisation. Le Palais avait finalement annoncé jeudi une importante dégradation de son état.

Une grande partie de la famille royale s’était alors réunie à son chevet. Son fils et héritier, le prince Haakon, assurait déjà la régence. À la mort de son père, celui-ci devient automatiquement le nouveau roi de Norvège. À 53 ans, il lui revient désormais d’informer officiellement le gouvernement de la disparition du souverain.

Monté sur le trône en 1991, Harald V aura régné pendant trente-cinq ans. Malgré des problèmes de santé devenus plus fréquents au fil des années, le monarque avait toujours refusé l’idée d’une abdication. Pour lui, la fonction royale était indissociable du serment prononcé devant le Parlement : un engagement pris pour la vie.

Avec son tempérament discret et une fonction essentiellement protocolaire, Harald V s’était progressivement imposé comme une figure rassurante de la société norvégienne. Il avait notamment accompagné les profondes transformations du pays et défendu, à plusieurs reprises, l’image d’une Norvège ouverte, inclusive et tolérante.

Sa disparition intervient néanmoins à une période particulièrement délicate pour la monarchie. Ces derniers mois, la famille royale a été confrontée à plusieurs affaires ayant fragilisé son image.

La princesse héritière Mette-Marit s’est notamment retrouvée au cœur d’une controverse après la publication, aux États-Unis, de documents révélant l’existence d’une correspondance régulière et parfois intime avec Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014, alors que le financier américain avait déjà été condamné pour des infractions sexuelles.

Son fils, Marius Borg Høiby, a lui aussi plongé la famille royale dans une crise médiatique et judiciaire après sa condamnation pour viols et violences. Il figurait malgré tout parmi les proches venus se relayer au chevet du roi dans ses dernières heures.

Au-delà de ces turbulences familiales, c’est pourtant l’image d’un souverain profondément installé dans l’histoire contemporaine de la Norvège qui domine au moment de sa disparition.

Les premières réactions internationales n’ont d’ailleurs pas tardé. Emmanuel Macron a fait part de sa « profonde tristesse », saluant un roi qui, selon lui, avait œuvré tout au long de son règne au rapprochement entre la France et la Norvège. Le roi Charles III a également rendu hommage à celui qu’il a présenté comme son « cher cousin ».