Il y a des mots que l’on n’oublie pas. Parce qu’ils dérangent, parce qu’ils exposent, parce qu’ils obligent à regarder autrement. Le témoignage de Coline Berry, entendu à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une commission d’enquête sur les violences incestueuses, en fait partie.
Face aux députés, elle raconte une enfance marquée par des violences sexuelles qu’elle attribue à son père, Richard Berry. Une parole difficile, précise, ancrée dans des souvenirs qui, selon elle, ne se sont jamais effacés. Elle évoque des faits répétés, inscrits dans la durée, et l’impact durable que ces violences ont laissé dans sa vie d’adulte.
En 2021, elle avait porté plainte pour viols, agressions sexuelles et corruption de mineur. Une procédure finalement classée sans suite, en raison de la prescription. Une décision qui, aujourd’hui encore, cristallise les tensions autour de ces affaires, où le temps judiciaire ne coïncide pas toujours avec le temps des victimes.
Depuis son audition, les réactions se multiplient. Certaines remettent en cause sa parole, d’autres la soutiennent ouvertement. Dans ce climat tendu, une voix politique s’est fait entendre avec force : celle de Ségolène Royal.
Sur les réseaux sociaux, elle exprime son incompréhension face à la manière dont certaines plaintes peuvent être classées, malgré la gravité des faits évoqués. Et surtout, elle relance un débat de fond : celui de la prescription des crimes sexuels sur mineurs.
Pour elle, ces violences, lorsqu’elles sont subies dans l’enfance, devraient échapper aux limites du temps judiciaire. Elle évoque la nécessité de repenser le cadre légal, en tenant compte du silence dans lequel beaucoup de victimes restent enfermées pendant des années. Un silence souvent lié à la peur, à l’absence de protection, ou au manque de reconnaissance.
Au-delà de la question juridique, elle insiste aussi sur la prévention. Parler aux enfants, leur apprendre à reconnaître ce qui est acceptable ou non, leur rappeler que leur corps leur appartient. Des messages simples, mais essentiels.







