7 Magazine Réunion, L’actualité people et lifestyle à l’île de la Réunion
7 Magazine Réun
Actualité

Amazon retire un livre accusé d’apologie de la pédocriminalité


Le géant du commerce en ligne Amazon a annoncé, mardi 24 février, le retrait de sa plateforme d’un roman de « dark romance » autoédité, intitulé Corps à cœur, après des signalements pour apologie de la pédophilie et de la pédocriminalité. L’ouvrage a également fait l’objet d’un signalement aux autorités judiciaires.


Par Chloé Grondin - Publié le Jeudi 26 Février 2026 à 14:34

Des accusations graves visant l’auteure... Au cœur de la polémique, des passages du livre décrivant une relation à caractère sexuel impliquant un mineur, présentée sous un angle jugé complaisant par plusieurs lecteurs et associations. Les détracteurs de l’ouvrage reprochent à l’auteure de mettre en scène une relation déséquilibrée entre un adulte et un enfant, sans distance critique claire, et d’en proposer une narration susceptible de banaliser, voire de légitimer, des actes relevant pénalement de la pédocriminalité.

Ces accusations ont rapidement enflammé les réseaux sociaux, où de nombreux internautes ont dénoncé une œuvre perçue comme franchissant la ligne rouge entre fiction provocatrice et apologie d’infractions graves.

Une pétition massivement relayée
La controverse a pris de l’ampleur avec le lancement d’une pétition en ligne demandant le retrait immédiat du livre. Celle-ci a recueilli près de 60 000 signatures, appelant la plateforme à assumer sa responsabilité dans la diffusion de contenus sensibles. Les signataires estiment qu’un tel ouvrage ne devrait pas être commercialisé, même au nom de la liberté de création littéraire, en raison de la protection due aux mineurs.

Face à l’émoi suscité par l’ouvrage, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’enfance, a annoncé avoir saisi la plateforme Pharos – service du ministère de l’Intérieur chargé des signalements de contenus illicites en ligne – ainsi que la justice. L’objectif est de déterminer si les faits décrits dans le livre tombent sous le coup de la loi, notamment en matière d’apologie de crimes ou délits.

Interrogé sur la vente en ligne de Corps à cœur, un porte-parole d’Amazon a indiqué que la plateforme retirait « le titre en question » à la suite de ses « investigations ». L’entreprise avait auparavant précisé procéder à « l’examen urgent du titre ».

Ce retrait relance le débat sur la responsabilité des plateformes dans la mise en ligne d’ouvrages autoédités et sur les limites de la liberté d’expression dans le champ de la fiction, en particulier lorsque sont évoqués des sujets aussi sensibles que les violences sexuelles sur mineurs.