La maladie d’Alzheimer reste aujourd’hui l’un des plus grands défis de la médecine moderne. En France, près de 900 000 personnes en sont atteintes, selon l’Institut Pasteur. Malgré des années de recherche, les traitements actuels ne permettent pas de guérir la maladie : ils peuvent seulement ralentir certains symptômes liés au déclin de la mémoire et des fonctions cognitives.
Mais une découverte récente pourrait changer la manière dont les scientifiques comprennent l’évolution de la maladie.
Une équipe de chercheurs de l’Inserm, de l’Université de Lille et du CHU de Lille vient de mettre en lumière le rôle d’un type de cellules cérébrales longtemps resté dans l’ombre : les tanycytes. Leurs travaux ont été publiés début mars dans la revue scientifique Cell Press.
Pour comprendre l’importance de cette découverte, il faut revenir à l’un des mécanismes centraux de la maladie d’Alzheimer. Dans le cerveau des patients, une protéine appelée Tau s’accumule progressivement. Normalement présente en petite quantité dans les neurones, elle joue un rôle dans leur fonctionnement. Mais lorsqu’elle se modifie, elle forme des dépôts toxiques qui perturbent l’activité des cellules nerveuses et finissent par provoquer leur dégénérescence.
Jusqu’à présent, les scientifiques comprenaient mal pourquoi cette protéine s’accumulait.
Les chercheurs français ont découvert que les tanycytes pourraient jouer un rôle essentiel dans ce processus. Ces cellules possèdent de longues extensions qui agissent comme de véritables ponts entre le cerveau et les vaisseaux sanguins. Leur fonction : capter certaines substances présentes dans le liquide cérébral et les transporter vers le sang.
Or l’étude montre que ces cellules participent précisément à l’évacuation de la protéine Tau hors du cerveau.
Lorsque les chercheurs ont bloqué l’activité des tanycytes chez des souris, les symptômes de démence sont apparus plus rapidement. Et en observant les cerveaux de patients décédés d’Alzheimer, ils ont constaté que ces cellules étaient endommagées et chargées de protéines Tau.
Autrement dit, si ces cellules cessent de fonctionner correctement, le cerveau pourrait perdre l’un de ses principaux systèmes d’élimination de cette protéine toxique.
Pour le neuroscientifique Vincent Prévot, qui a participé à ces travaux, cette découverte ouvre une piste nouvelle. Les tanycytes pourraient devenir une cible thérapeutique : en protégeant ces cellules ou en stimulant leur activité, il serait peut-être possible de ralentir l’accumulation de la protéine Tau et donc l’évolution de la maladie.
Cela pourrait aussi permettre d’agir plus tôt.
Les chercheurs envisagent déjà que la « souffrance » de ces cellules puisse être détectée avant même l’apparition des symptômes cognitifs. À terme, cela pourrait conduire à une prise en charge plus précoce, basée sur des traitements mais aussi sur des changements de mode de vie.
Bien sûr, la route reste longue. Cette découverte n’est pas encore un traitement et de nombreuses recherches seront nécessaires avant d’en mesurer les applications concrètes.
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Alzheimer : une découverte française pourrait ouvrir une nouvelle voie contre la maladieEt si une petite cellule encore méconnue détenait une partie de la clé contre la maladie d’Alzheimer ? Des chercheurs français viennent de faire une découverte qualifiée d’« inattendue » et même d’« inespérée ». En identifiant un mécanisme jusque-là mal compris dans le cerveau, leurs travaux ouvrent une piste prometteuse pour mieux prévenir et peut-être ralentir la maladie.- Publié le Samedi 7 Mars 2026 à 11:00
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